Le secrétariat national du RCD s’est réuni le 29 novembre pour évaluer les activités du parti concernant le dernier trimestre 2013, et préparer le programme d’action de l’année 2014 et analyser les développements politiques et diplomatiques survenus sur les scènes nationale et régionale.

  • S’agissant de ses activités partisanes, le RCD dont le parcours est jalonné par des luttes menées dans l’adversité et contre les abus de pouvoir se félicite de ce que son collectif militant pérennise son fonctionnement organique et continue d’assumer son rôle d’acteur essentiel de l’opposition démocratique en matière de soutien aux mouvements sociaux et d’animation de la vie publique.

    Concernant les évolutions politiques en cours ou à venir, le RCD réitère les préalables à même d’ouvrir des perspectives pour prémunir le pays d’une dislocation annoncée avec tous les risques inhérents à une société minée par la précarité, l’absence de structures de médiations crédibles et autonomes et un tribalisme qui atteste de l’irresponsabilité d’une oligarchie tribale qui fait vaciller chaque jour un peu plus les fondements de la nation.
    Fort des messages de novembre et de la Soummam qui ont inspiré le courant politique dont il est issu, le RCD n’a jamais cru à l’homme providentiel et ne croit pas, non plus, au reclassement du personnel politique du régime et de ses affidés qui se préparent dans l’opacité et les laboratoires du pouvoir, au mépris de l’intérêt général et de la survie de la nation.
    C’est pour cela qu’il n’a eu de cesse d’en appeler à un consensus autour d’un minimum républicain qui doit permettre d’assainir un climat politique où tous les acteurs respectant les règles et principes démocratiques et rejetant la violence doivent se concerter pour un nouveau départ. Pour y parvenir, le RCD a soumis à débat trois propositions:

    1. La dissolution de la police politique qui doit être une réalité tangible, portée à la connaissance de l’opinion publique et dont les incidences soient vérifiables dans la pratique politique quotidienne au lieu d’être réduite à des effets d’annonce ;
    2. La restitution du FLN à la mémoire collective qui est une dette envers le peuple algérien qui a été dépossédé d’une partie importante d’un patrimoine politique et symbolique aujourd’hui livré à des querelles de chiffonniers après avoir été souillé par des instrumentalisations clientélistes et vénales ;
    3. La mise en place d’une commission nationale permanente chargée de la gestion des élections et d’un observatoire national des élections. Deux structures institutionnellement indépendantes du gouvernement qui auront pour mission, comme leurs dénominations l’indiquent, d’organiser, de gérer et de superviser tous les scrutins électoraux et les différentes phases qui conditionnent leur préparation.

    On peut ajouter à ces trois préalables, l’exigence de la publication d’un bulletin de santé du chef de l’Etat émanant d’un collège de médecins crédibles et indépendants.
    Ces préalables doivent convenir à la majorité des Algériennes et des Algériens extérieurs aux fraudes électorales, héritées de la nuit coloniale et par lesquelles des clientèles, un instant marginalisées, préparent aujourd’hui encore leur candidature à la rente.

    Le RCD salue le regroupement des 19 partis et personnalités qui a exigé une mise en place d’une commission de surveillance des élections indépendante digne des structures équivalentes ayant managé les élections démocratiques de par le monde.
    Le rejet de la proposition par le ministre de l’intérieur n’est ni une surprise ni une raison pour renoncer ; bien au contraire. Venant d’un ancien président du conseil constitutionnel qui a refusé une auto-saisine de l’instance dont il avait la responsabilité et qui s’imposait à lui, ce rejet est un signal de plus qui doit mobiliser davantage celles et ceux qui se battent pour redonner la parole au peuple souverain.

    L’étouffement des scandales de corruption impliquant des notabilités du régime est un avant-goût de la mission dévolue à l’appareil judiciaire lors de la prochaine présidentielle si le vote devait se dérouler selon les procédures prévues.

    La déchéance institutionnelle illustrée par la gabegie d’un gouvernement de prédateurs, les abus d’autorité qui se manifestent par une répression de tous les mouvements sociaux, la stigmatisation de l’opposition et la censure étouffant les médias et toute voix discordante consacrent le discrédit de l’Algérie sur la scène internationale.

    Les remous et les atermoiements qui agitent particulièrement l’éducation nationale et l’enseignement supérieur, durant cette rentrée, dévoilent l’ampleur du marasme et de l’incurie qui frappent de plein fouet ce secteur vital, hypothéquant ainsi l’avenir de la nation. Signe on ne peut plus clair ; à moins de vingt-cinq jours des vacances d’hiver bien des universités n’ont pas enregistré une rentrée effective et les millions d’étudiants, dont on se gargarise, n’ont pas encore repris le banc des amphis.

    La campagne fallacieusement initiée par le chef de l’Etat au profit du Sahara occidental s’est soldée par un retentissant échec dont les premières victimes sont les Sahraouis eux-mêmes. Les attaques lancées contre des pays voisins par un affidé du cercle présidentiel, au moment où le chef de l’Etat tentait une correction de son invective, atteste de l’opacité d’un fonctionnement des institutions qui n’épargne pas la sphère diplomatique.

    Le RCD milite pour un changement radical et pacifique d’un système qui a ruiné le potentiel de la nation, humilié le peuple algérien, déstabilisé le sous-continent nord-africain et isolé le pays sur la scène internationale.
    Le bilan ne souffre pas de demi-mesure. Ce sera un consensus pour un changement concerté et pacifique ou le chaos. Dans cette phase historique critique, le RCD, fidèle à ses principes, est prêt à assumer ses responsabilités pour sauver l’Algérie.

    Alger, le 29 novembre 2013
    Le RCD