Les atteintes aux libertés d’expression et d’organisation rythment la vie nationale et des citoyens et continuent de provoquer arrestations arbitraires et acharnements judiciaires.

Abdelghani Aloui, jeune blogueur âgé de 24 ans, croupit depuis presque un mois à la prison de Serkadji pour avoir caricaturé les errements du Chef de l’Etat et de son gouvernement. Saad Bouaakba, chroniqueur au journal El Khabar, est menacé de poursuites devant les tribunaux pour avoir commenté une information. Des syndicalistes se font embarquer manu militari lors d’un sit-in. Des partis politiques sont empêchés de se réunir. Des ONG sont contraintes de quitter le pays par le fait d’une loi scélérate sur les associations…

Aucun secteur de la vie nationale, aucune catégorie n’échappe à la folie tribale.

Cette régression des libertés individuelles et collectives intervient à quelques mois d’échéances électorales engageant le devenir national. Recourir à la menace,vouloir endiguer un marasme généralisé par la censure et la peur en étouffant les voix dénonçant l’injustice, la mauvaise gouvernance et la tribalisation de l’Etat renseignent sur la panique qui habite le sérail et la volonté des dirigeants d’aller vers plus de fermeture des champs politique et institutionnel.Les derniers reniements de l’aveu, certes formel, d’une institution républicaine se prévalant, jusque-là, d’une neutralité dans le jeu politique relève d’une instrumentalisation aussi dangereuse qu’irresponsable.

Ces dérives, qui continuent de miner le destin national, alertent instamment sur les dangers que fait peser sur l’avenir du pays un clan prédateur soucieux de sa pérennité aux dépends du sort de la nation.

Devant ce naufrage moral et politique, le silence, qu’il soit dicté par opportunisme ou par corporatisme, vaut complicité.

Le RCD, soucieux de la préservation des acquis arrachés de haute lutte, dénonce la chasse aux sorcières menée à l’encontre des blogueurs et journalistes et appelle à la solidarité et au combat permanents contre toutes les formes d’arbitraire et de répression.

Alger, le 21 octobre 2013 
Le RCD