Résolution du Conseil national du 20 septembre 2013

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Le conseil national du RCD a tenu sa cinquième session ordinaire, le 20 septembre 2013  au Nadi  el Moudjahid à ALGER. L’ordre du jour a porté sur l’examen de la situation politique nationale, la rentrée sociale de l’année 2013-2014 et l’évaluation de l’état organique du Rassemblement.

Dans son allocution d’ouverture, le président du parti releva d’emblée que « Le changement opéré au sein du gouvernement consacre une tribalisation plus caricaturale que jamais du pouvoir en vue d’assurer l’impunité pour les auteurs d’un détournement industriel des richesses nationales ». Il tira la sonnette d’alarme en affirmant, sans ambages, que « L’Algérie, État, nation et société, est maintenant en péril. La faillite structurelle de l’État se dévoile dans des comportements tribaux grotesques, voraces et opaques depuis une année, autant de réactions qui déshonorent la nation, insultent le sacrifice de notre peuple et hypothèquent l’avenir du pays”, et d’ajouter que « si le pays a été livré aussi facilement à une meute sans foi ni loi, c’est qu’un travail de sape, mobilisant moyens et énergies de l’État, a été mené depuis des dizaines d’années par ce pouvoir occulte pour contenir, réduire et au besoin anéantir tout effort, toute initiative, toute proposition visant à redonner à l’Algérien la maîtrise de son destin. »

Cette introduction a été suivie par des communications animées par des secrétaires nationaux sur la proposition du parti pour une nouvelle gestion électorale, l’indispensable réforme de la justice et l’analyse juridique des scandales de corruption qui rongent actuellement le pays, la refonte du système éducatif ainsi que sur la problématique de la politique de développement. Autant de questions portées et défendues par le RCD, souvent seul et contre le régime en place, qui ont fini par s’imposer comme des questions urgentes et majeures dans le règlement de la crise politique actuelle dont tant de monde se revendique aujourd’hui.

Il en ressort des débats qui ont suivi qu’il est illusoire de croire qu’un système politique corrompu qui s’est imposé par la violence et la fraude peut, pour autant qu’il le veuille, lutter efficacement contre la corruption ou asseoir une justice réellement indépendante, une école performante et des réformes économiques viables au service des citoyens. Ce système ne survivrait pas longtemps à une justice autonome puisqu’il a besoin de l’instrumentaliser pour se maintenir et il ne peut éradiquer l’incompétence, lui qui a érigé la médiocrité en critère de promotion dans les institutions et fait de l’exclusion des cadres « une constance nationale ».

C’est dire que toutes ces réformes passent nécessairement par un changement de système. Pour faire face aux fraudes rédhibitoires et systémiques qui dévoient la volonté populaire, le RCD fait la proposition d’adapter la gestion électorale aux standards internationaux et dessaisir le ministère de l’intérieur de la gestion des élections en la confiant à une structure autonome et en intégrant la société civile dans l’organisation et l’observation de tous les scrutins.

Les rapports des bureaux régionaux et les interventions des autres membres du Conseil National convergent vers la même analyse : la perspective d’ouverture et de changement n’est pas à l’ordre du jour. Le dernier remaniement du gouvernement souligne un constat : l’Algérie n’est pas sortie de la noria des coups d’Etat qui aggravera les fléaux de la corruption, des fraudes électorales, de l’abus et de la régression. Il confirme conséquemment l’impasse nationale actuelle : la police politique, en tant qu’officine occulte et hégémonique et quelle que soit la secte qui la contrôle, est le verrou qui bride toute démarche et initiative démocratique dans le pays.

Face aux légitimes attentes de changement des citoyens, le régime oppose le mépris et le statu quo à travers la cooptation, la tikritisation des institutions, l’allégeance, la désinformation, la corruption et la manipulation. Les Algériens sont ahuris devant l’acharnement du régime à verrouiller davantage la vie publique et continuer à disposer sans le moindre contrôle des ressources nationales, pendant que les institutions disqualifiées se délitent les unes après les autres.

La majorité des intervenants est revenue sur le désarroi des citoyens, menacés par le chômage, la paupérisation, le déficit en logement, la dégradation des services de la santé, de l’administration et le niveau effrayant de l’inflation qui a érodé le pouvoir d’achat de larges couches de la société et s’est dit préoccupé par le sort tragique réservé à la jeunesse partagée entre l’immolation, la harga et l’émeute.

Devant cette catastrophe  sociale, doublée d’un blocage stratégique qui favorise l’instant à la durée et la pérennité du régime à la Nation, le RCD appelle au plus large rassemblement possible pour un consensus républicain des forces alternatives, pour que l’élection présidentielle d’avril 2014 soit une solution politique au désastre actuel.

Le RCD reste disponible pour toute concertation autour de la protection de l’Etat républicain et l’affermissement de la perspective démocratique  et qui vise à instaurer les conditions d’une élection organisée dans la transparence et la libre expression des citoyens par une structure autonome et indépendante de l’exécutif. Sans quoi, toute autre démarche serait une chimère de plus qui enferrera, un peu plus, le pays dans la régression.

Enfin sur le plan organique, le cap a été mis sur le redéploiement de ce dernier semestre où il a été constaté une densification de l’activité organique et une communication interne plus fluide allant de la base au sommet et vice versa. L’introduction du logiciel de gestion dans l’organisation du parti et l’aménagement  du règlement intérieur en vue d’un meilleur fonctionnement des  structures ont fait l’objet d’un long débat. Une commission a été mise en place à l’effet d’approfondir la réflexion et soumettre des propositions lors de la prochaine session. Me Ait Mimoune Amokrane a été nommé secrétaire national chargé du mouvement associatif.

Alger, le 20 septembre 2013

Le RCD