Chers amis bienvenus à tous

Nous célébrons aujourd’hui  le 24eme anniversaire du Rassemblement. Et en cette occasion, je voudrais rendre hommage à tous nos militants qui se battent au quotidien sur le terrain pour continuer à semer l’espoir pour des lendemains meilleurs, dignes des attentes de notre peuple.
Fidèles aux principes qui fondent notre combat, les militants du RCD affrontent avec courage et loyauté la pression et la répression d’un pouvoir qui a fait de la violence et de l’arbitraire une religion.
Je voudrais également rendre hommage à nos élus qui n’ont jamais cédé à la tentation et qui ont su  garder leur intégrité face à un régime qui fait de la corruption une stratégie de recrutement et de promotion. C’est là un défi politique énorme et une vertu militante rare dont nous sommes fiers.

Né des luttes démocratiques menées dans la douleur et la répression, notre parti maintient le cap pour redonner à notre pays ses légitimes espérances et sa place dans le monde. Cela fait  24 ans que nous activons dans l’opposition avec constance et courage. Nos propositions en dehors et dans les institutions, quand nous en avons fait partie, ont marqué la scène politique par la justesse de leurs analyses et la pertinence de leurs arguments. Réformes de la justice et de l’éducation, réformes économiques, question identitaire, statut de la femme, laïcité, régionalisation, résistance face au terrorisme, sont autant de thématiques portées et défendues par le RCD. Des sujets qui constituent encore l’actualité du débat publique et dont tant de monde se revendique. Nous avons payé le prix fort. Beaucoup des meilleurs d’entre nous ne sont plus de ce monde, mais nous avons réhabilité le projet démocratique condamné et décrié depuis l’indépendance.
Chers amis,

Cet anniversaire survient dans un climat politique et social délétère.
L’échec des réformes politiques est patent. Les régressions contenues dans le code électoral, communal et wilayal ont été à l’origine d’affrontements entre populations dans plusieurs communes du pays lors de l’installation des exécutifs. Les fraudes électorales sont assumées comme outils de soumission et de domination spoliant le citoyen de son droit de choisir ses représentants à travers des compétitions loyales et transparentes.

Sur le plan social, des résistances se manifestent dans toutes les régions du pays. Les plus en vue étant celles des jeunes du Sud. Bien que réprimés, ces jeunes continuent de s’organiser, de protester et de manifester.
Au-delà de la nature des revendications, la dynamique de luttes en construction sur le terrain doit être encouragée par tous les patriotes qui aspirent à la liberté et à la dignité sans lesquelles la survie de notre patrie restera hypothéquée.

Sur le plan politique, la révision de la constitution promise par le chef de l’Etat lors de son discours du 15 avril 2011 en réponse à la mobilisation de rue initiée par le RCD est à chaque fois différée. Pour nourrir la réflexion des citoyens et alimenter le débat public, le RCD a installé une commission chargée d’élaborer un projet qui sera soumis à discussion lors d’une convention nationale ouverte.

Au plan régional, l’état de guerre qui s’est installé à nos frontières illustre l’effacement de notre pays dans toutes les questions internationales y compris dans notre voisinage immédiat. A cela s’ajoute la dispersion des ressources de la nation orientées vers le contrôle et la répression et dont l’attaque sanglante d’In Amenas est une tragique manifestation. L’inconséquence et les revirements de la diplomatie algérienne dans la crise malienne illustre bien la déconfiture d’un système sans valeur, sans vision et sans crédit.

La révolution tunisienne qui connaît des soubresauts de drames et d’espérances appelle de notre part un positionnement sans ambiguïté en faveur des forces démocratiques de ce pays. Au lieu de cela, le pouvoir algérien louvoie et spécule sur les risques d’une ouverture démocratique en Tunisie pour justifier son immobilisme.
Une mobilisation de tous les patriotes, notamment la jeunesse, qui refusent d’assister passivement à la faillite nationale programmée par un système autiste et suicidaire est aujourd’hui un impératif absolu.

Au RCD nous avons toujours considéré que le pouvoir est un instrument et non une finalité. Notre génération, comme celle qui nous a précédés, a façonné des moeurs politiques qui portent les solutions durables et éthiques pour une Algérie stable, juste et libre.

Il y a bientôt un an de cela, le RCD a innové dans la conception qu’il se fait de l’autorité. Devant un congrès unanime pour exiger sa reconduction, le président Said Sadi a refusé de postuler à un autre mandat. Depuis et comme pour toutes les initiatives prises par le RCD, les officines du pouvoir s’emploient à banaliser cette première dans les annales de l’Algérie indépendante. On entend ici et là que beaucoup de dirigeants ont démissionné. Non, une fois de plus cette pollution n’altérera en rien la portée politique et symbolique de la décision de l’ancien président du RCD. Said Sadi n’a été contraint de partir ni par l’âge ni par un quelconque collectif de militants, bien au contraire. Il a choisi de démontrer que l’on peut avoir été responsable et continuer à militer à la base et sa présence parmi nous aujourd’hui en tant que militant, à jour de se cotisations, est le plus grand message d’espoir pour le peuple algérien et la meilleure leçon à toutes celles et ceux qui se laissent contaminer par le vertige du pouvoir.
Je voudrais aussi saluer la présence parmi nous de Maître Ali Yahia Abdenour. A plus de 90 ans , il a tenu a être des nôtres pour nous rappeler que le combat démocratique est un honneur qui ne se monnaie pas et qui n’attend rien en retour si ce n’est la fierté d’avoir été au côté de son peuple. Nous l’avons vu avec nous en janvier 2011 face aux 30 000 policiers qui ont investi la capitale pour empêcher le peuple de s’exprimer dans son pays, nous le voyons chaque semaine intervenir dans la presse. Il se bat pour ses idées. Ce sont ces parcours de détermination et de grande humilité qui nous inspirent et nous animent. Les artifices et les ascensions honteuses par lesquelles se sont humiliées tant de personnes n’atteindront pas le RCD.

Chers amis,

Les événements se précipitent dans le pays et dans le monde. Le chantage à l’islamisme a vécu et ceux qui veulent encore opposer la démocratie à la stabilité ont perdu la bataille. Il n’y a pas de lutte qui aboutisse si elle n’est pas adossée à des valeurs de vérité et de justice. Ce sont ces valeurs qui nous ont nourris. Notre rôle, notre devoir et notre intérêt c’est de les protéger. Coûte que coûte, partout et en tout instant.
Vous pouvez compter sur moi pour en être le premier défenseur.

Bon anniversaire à tous,

Vive le RCD
Vive l’Algérie de novembre et de la Soummam

Alger, le 10 février 2013