Résolutions du Conseil national du 07 septembre 2012

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Le Conseil national du  RCD s’est réuni en session  ordinaire, le 07 septembre 2012, à Alger. L’ordre du jour portait sur l’examen de la situation politique nationale et internationale, l’évaluation organique ainsi que la position à prendre quant à la participation ou non aux élections locales convoquées pour le 29 novembre prochain.
Le Conseil National  considère que la situation qui prévaut dans notre pays est dominée par une exacerbation de la rupture de confiance qui caractérise les relations pouvoir-société. Dans toutes les régions du pays, les membres du Conseil National observent un climat politique et social délétère. La violence s’exprime par de nouvelles formes d’insécurité où le banditisme et le grand crime, s’ajoutant à la délinquance, amplifient et entretiennent le terrorisme.
Au plan politique, la mascarade électorale du 10 mai 2012  approfondit la crise du système dans sa gestion de la rente et du statu quo. Attendre quatre mois pour nommer un coordinateur du gouvernement, un ministre qui était déjà en place, et maintenir dans leurs fonctions  des ministres qui ont géré des départements où la crise a été le plus ressentie révèle la persistance du renouvellement de l’échec. La reconduction et le rappel de ministres évoqués dans les scandales financiers, qui ne cessent de défrayer la chronique algérienne tels l’affaire El Khalifa, l’autoroute Est/Ouest et celle liée au racket des importateurs de médicaments, illustre et confirme la gestion du pays par le chantage, la corruption et la soumission. D’autre part, la composante de ce gouvernement ne reflète pas la majorité parlementaire pourtant concoctée par les laboratoires des services. La parité, tant clamée pour la consommation internationale, s’avère être une chimère et l’engagement de promouvoir la place de la femme dans le champ institutionnel est aussitôt reniée, signant du même coup, l’échec des réformes annoncées au lendemain du déclenchement des révoltes populaires dans la région.
Au plan social, l’échec de la gouvernance algérienne est plus qu’édifiante. Les maigres augmentations salariales arrachées par différentes corporations dans le sillage de la contestation de janvier 2011 ont été vite érodées par l’inflation et une flambée des prix des produits et des services sans précédent. Durant tout l’été, les populations de l’ensemble du pays ont été soumises à de récurrentes coupures d’électricité et à l’assèchement des robinets d’eau potable auxquels s’ajoutent des feux de forêt d’origine criminelle que d’aucuns assimilent à des actes volontaires et prémédités. Devant l’ampleur et la dévastation du patrimoine forestier national et le silence coupable du gouvernement, certaines voix  s’interrogent légitimement sur une possible relation avec la lutte antiterroriste. La majorité des intervenants a, à cet effet, relevé la détresse et l’exaspération des citoyens lors  des derniers incendies. L’inanité, la démission et l’abandon des pouvoirs publics furent déplorés dans toutes les régions touchées pendant que le système politique, qui se succède à lui-même depuis 1962, était tout occupé à gérer les luttes et les arbitrages entre les clans.
Cette détérioration générale n’épargnant aucun secteur est, au demeurant, aggravée par la fermeture et la soumission de la scène politique, la confiscation des libertés collectives et individuelles, le harcèlement judiciaire menée contre les militants associatifs et syndicaux et la répression du monde du travail. Face à ce marasme marqué par l’avidité et la concupiscence des tenants du pouvoir, les citoyens se défendent par la protestation et la révolte.
Au niveau international, les membres du Conseil National dénoncent les louvoiements qui ont caractérisé la gestion de la dramatique affaire des otages séquestrés au Mali ainsi que l’insoutenable légèreté de la diplomatie algérienne incapable de confirmer ou d’infirmer l’exécution de l’un d’eux.  Les improvisations, les provocations et les revirements enregistrés au plan extérieur et les égarements de notre diplomatie qui ne cesse de naviguer entre un activisme par lequel elle veut vendre un prétendu « projet de réformes » et un soutien inconditionnel aux dictateurs de Syrie et d’Iran, après celui porté, jusqu’à la dernière minute de leur destitution, aux présidents tunisien et yéménite et au colonel Kadhafi, ne manquera pas de ternir l’image, déjà peu reluisante, de l’Algérie et de compromettre nos intérêts économiques.
Aussi, face au cynisme du pouvoir qui œuvre à structurer le désespoir en imposant la fatalité de l’échec, la culture de la haine, de la corruption et de l’impunité, les membres du Conseil National se sentent interpellés et déterminés à relancer l’espoir en se mettant, plus que par le passé, aux côtés des travailleurs dans la défense de leurs droits et de toutes celles et ceux qui luttent pour l’épanouissement de notre société et veulent construire une alternative démocratique et sociale conforme aux aspirations de nos concitoyens et digne des sacrifices de nos martyres qui ont permis la libération de notre pays.
Dans ce cadre, un passionnant et riche débat a marqué les travaux de la présente session autour de la question de la participation du RCD aux élections locales prochaines. En dépit de la partialité de l’administration, de la fraude, détournements et autres dérapages qui ont invariablement biaisé les processus électoraux, les membres du Conseil National ont souhaité, dans leur écrasante majorité (seulement 14 contre et 5 abstentions), l’implication de notre Rassemblement dans ce scrutin. Ils ont particulièrement insisté sur l’importance d’être plus proches, par une gestion de la proximité, des citoyens en se rendant solidaire et plus visible pour la prise en charge de leurs préoccupations immédiates. Ils ont également fait part des sollicitations des populations satisfaites de la gestion, du dévouement et de l’intégrité de la grande  majorité de nos élus dans les communes où le RCD a été majoritaire ainsi que de leur volonté de consolider les espaces institutionnels conquis à l’échelle locale. Ils ont enfin manifesté leur souci d’accompagner le mouvement associatif au niveau local sans lequel aucun rapport de force susceptible de hâter le changement ne pourra être édifié et de continuer le travail accompli dans les localités où nous avons été dans l’opposition. Ainsi, le RCD maintient sa participation dans ces élections locales pour protéger les intérêts de la collectivité partout où cela sera possible et pour que les futures générations sachent, que malgré les difficultés et les périls, il y a eu dans leur pays des femmes et des hommes qui ont refusé la servilité et combattu l’abus. Le RCD combattra la fatalité de l’inertie qui imprègne aujourd’hui le pouvoir, stérilisé par les luttes feutrées au sommet. Subséquemment, le reclassement du personnel politique du régime et ses affidés se prépare dans l’opacité totale et au mépris de l’intérêt public et de la survie de la nation.
Enfin, au plan organique un réaménagement du Secrétariat national a été opéré en nommant Dr Salah Benmeki, Abdellah Bouhada, Abdelkader Groucene, Reda Boudraa et Dr Ahmed Benguaouche  respectivement au secrétariat chargé des élus et élections, à l’environnement, à la PMI-PME, à la formation et aux relations avec les institutions et un ensemble de mesures adopté afin d’impulser une dynamique en faveur de l’élargissement de la base sociale du Rassemblement et, à court terme, préparer dans les meilleures conditions les élections locales à venir.

Alger, le 7 septembre 2012

Le RCD