Le Conseil National du RCD s’est réuni en session ordinaire, le 13 avril 2012, à Alger. Il a eu à examiner les points suivants :

• Evaluation du IVème Congrès du Rassemblement;
• Evaluation de la situation politique nationale et internationale ;
• Etat organique et adoption du règlement intérieur.

Les travaux ont été entamés par une synthèse du président du Rassemblement portant sur la situation politique du pays. Rappelant les conditions de sérénité qui ont entouré les travaux du dernier Congrès, cela malgré les multiples entraves qui ont ciblé notre formation, il s’est félicité de la mobilisation et de la vitalité du collectif militant. Il a mis l’accent sur la pertinence du programme adopté qui propose à la nation une alternative crédible à la crise multidimensionnelle actuelle, le renouvellement et le rajeunissement des instances et particulièrement sur la dimension hautement symbolique et pédagogique de la décision du Dr Said Sadi de ne pas se représenter à la présidence du parti.

Sur le plan politique, il a relevé notamment que la crise sociale qui affecte la nation atteint des sommets, que l’indignité politique paralyse tous les rouages, que toutes les promesses n’ont été que des leurres. Il a dénoncé le climat délétère qui s’est généralisé et stigmatisé la misère sociale, résultante d’une prédation effrénée qui expose le pays à des développements imprévisibles. Il en conclut que le changement du régime est un impératif. Ce changement sera porté inéluctablement par l’approfondissement de la dynamique de démocratisation, la réappropriation de la mémoire collective et le projet de régionalisation préconisé par le RCD.

Le président du RCD, convaincu que le changement est inévitable, parce que porté par les forces vives de la nation, a réitéré le principe que le boycott des législatives du 10 mai est une réponse à l’impasse vers laquelle nous conduit le pouvoir.

Les rapports des bureaux régionaux et les interventions des autres membres du Conseil National convergent vers la même analyse : la perspective d’ouverture et de changement n’est pas à l’ordre du jour. Face à l’aspiration citoyenne, le régime oppose le mépris et le statu quo à travers la cooptation, la désinformation, la corruption et la manipulation. Les Algériens constatent l’acharnement du régime à verrouiller davantage la vie publique et continuer à disposer sans le moindre contrôle des ressources nationales, pendant que les institutions disqualifiées se délitent les unes après les autres. L’instrumentalisation de la justice pour décréter l’illégalité de la grève annoncée pour cette semaine par le syndicat des praticiens spécialistes de la santé publique illustre, on ne peut mieux, cet aveuglement.

Sur le plan social, la majorité des intervenants est revenue sur le niveau effrayant de l’inflation qui a érodé toutes les augmentations salariales récemment octroyées et s’est dit affectée par le sort tragique réservé à la jeunesse partagée entre l’immolation, la harga et l’émeute.

Au désarroi des citoyens menacés par le chômage, la paupérisation, le déficit en logements et l’absence de soins les plus élémentaires -aggravée par une récurrente et criminelle pénurie de molécules (cancers, maladies cardio-vasculaires….)-, le système en place s’apprête à rééditer un simulacre d’élections, au demeurant, réglé par les quotas répartis par des officines occultes. A cet effet, les membres du Conseil national se sont déclarés outrés par la pollution du champ politique et la stratégie du chaos érigées en principe cardinal de gestion de la société, au vu du marchandage, de l’agitation et du vil mercantilisme qui ont dominé la constitution de l’ensemble des listes. « La connexion chkara », pour reprendre la formule populaire en vogue, savamment entretenue et où se mêlent l’argent, l’affairisme, la corruption et le népotisme a fini par discréditer tout le processus en cours. Ces élections seront sanctionnées par une abstention massive d’autant qu’elles relèvent d’une administration aussi incompétente que partiale.

Le RCD rappelle sa conviction inébranlable des principes devant présider à l’élection des représentants du peuple et à l’édification d’institutions stables et légitimes si l’on veut affranchir l’Algérie du système qui la bride depuis l’indépendance et la met en péril jusque dans ses fondements. Seule une volonté réelle de changement qu’augure l’assainissement du fichier électoral par une commission indépendante et une surveillance internationale massive et qualifiée seront à même de mobiliser les citoyens et de redonner crédit aux opérations électorales dans notre pays.

Par ailleurs, la commémoration du 32ème anniversaire du printemps Amazigh, qui constitue une date privilégiée dans l’histoire des luttes démocratiques menées dans le pays depuis l’indépendance, a été également au centre des débats. Les intervenants ont appelé à une mobilisation accrue pour célébrer le 20 Avril et apporter un soutien à tous les mouvements démocratiques de la société civile.

Au plan régional, les membres du Conseil national ont souligné les dangers que représente la déstabilisation de toute la zone sahélienne en proie à des remous générés par un demi siècle d’arbitraire, de gabegie, d’autoritarisme et de fuite devant les responsabilités. La question relative au statut et à la condition sociale des populations Touareg, refoulée par tous les Etats concernés, reste entièrement posée et ne saurait s’accommoder d’une quelconque fébrilité ni manœuvre politicienne. Le pouvoir algérien est appelé, plus que jamais, à se déterminer et à cesser de tergiverser entre ses manipulations de l’islamisme au niveau interne tout en essayant de recomposer, au niveau international, son rôle de sous-traitant au plan sécuritaire dans le Sahel. Il n’y a pas d’autres issues pour notre pays que de faire de cet espace un lien de coopération, de paix et de prospérité par le développement et la concertation avec les populations impliquées.

Enfin, s’agissant du volet organique, le parti se réorganise en adaptant le fonctionnement de ses structures à la nouvelle donne de la régionalisation tel que recommandé par les résolutions du 4ème congrès et un nouveau règlement intérieur du Rassemblement a été adopté. L’intérêt suscité par la dynamique du congrès doit être mis à profit pour imprimer davantage d’efficience dans le fonctionnement et pouvoir accompagner les larges couches de la population dans leur irrépressible quête de démocratie, de dignité, de justice sociale et de développement.

Alger, le 13/04/2012