Programme politique du RCD

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I-PRÉAMBULE

Le 4èmeCongrès du RCD se tient dans une conjoncture particulière. Les peuples du Sud, inaugurant une nouvelle phase historique, refusent de subir indéfiniment des despotismes qui ont confisqué les ressources et la mémoire de leur pays.

La généralisation de la corruption et de l’injustice ont, partout, atteint l’insoutenable et les nations savent que désormais seule l’insurrection citoyenne peut réhabiliter le peuple pour en faire l’arbitre et l’acteur de la cité.

Notre Rassemblement, de par son parcours, est devant une responsabilité historique. N’ayant jamais cédé à la surenchère, à l’impatience et à la démagogie, le RCD dispose de la crédibilité et de l’autorité nécessaires pour appeler à la rupture.

À chaque opportunité, à chaque virtualité d’assouplissement ou d’ouverture politique, le RCD a manifesté disponibilité et patriotisme pour éviter au pays d’autres tragédies. Force est de constater que toutes ces initiatives se sont terminées par des échecs ; le système, mû par l’instinct de sa survie, a toujours cédé à la manipulation, ignorant la marche de l’histoire et les exigences citoyennes.

Autant la composition dans les institutions pouvait être envisagée, y compris dans un environnement biaisé par les fraudes, l’abus d’autorité et la censure pouvait se justifier dans une période de fermeture politique et d’atonie sociale ;autant tout engagement dans les artifices électoraux, les montages et machinations politiciennes actuelles sont des actes de reniement militant, de dévoiement citoyen et de trahison nationale.

Le citoyen algérien, lui-même, est arrivé à la légitime conviction que l’espace institutionnel n’est plus le lieu idoine où il peut exposer ses doléances, être entendu et, le cas échéant, être rétabli dans ses droits.

Les Algériens, au rang desquels la jeunesse, ont définitivement intégré que dans la conjoncture actuelle la violence culturelle d’un pouvoir oligarchique ne laisse pas d’autres choix que la construction d’un rapport de force qui transforme les innombrables contestations quotidiennes en dynamique alternative.

Le peuple algérien a ses référents, avec ses épopées et ses héros, ses épreuves et ses tragédies. Tous ces repères ignorés, dénaturés ou instrumentalisés doivent être revisités dans leur vérité pour assumer notre passé et renforcer le socle de l’espérance annoncé par Novembre et développé à la Soummam.

L’Histoire de notre pays est faite d’une succession de résistances contre les dominations et l’oppression. Bien des peuples ont disparu face à des agressions moins fréquentes et de moindre envergure.

Au 20èmesiècle, la mémoire populaire qui a engrangé et ressuscité cette irrépressible aspiration à la liberté et à la justice a placé l’Algérie comme modèle dans le mouvement de décolonisation.

Mais aujourd’hui, d’autres défis nous attendent puisque l’émancipation démocratique, objectif ultime de la libération nationale, est toujours contrariée par les visions populistes et les improvisations clientélistes imposées aux Algériens depuis 1962.

Cinquante années après, l’indépendance politique n’a pas permis à l’Algérie de se doter des principes et instruments fondamentaux qui structurent et pérennisent une Nation.

Le minimum consensuel, déterminant le devenir national n’ayant pas été tranché, l’opposition démocratique et républicaine algérienne se voit acculée à un travail permanent et simultané de contestation-proposition.

Une formation politique de l’opposition démocratique dans notre pays comme le RCD, ne doit pas seulement se battre pour faire aboutir son programme. Elle est tenue d’animer la vie publique en soulevant des questions de fond quant à la nature et la mission de l’État, le devenir de la Nation et les institutions y afférant, les droits et les devoirs des citoyens, etc. Autant de problèmes complexes qui supposent des capacités de mobilisation et de communication importantes que nous devons nous donner en renouant avec les vertus et les méthodes qui nous ont permis d’affronter et de remettre en cause l’hégémonie du parti unique.

Animer le débat public autour des thèmes sur lesquels les intellectuels ne se sont pas exprimés ou si peu est une tâche aussi essentielle que difficile à mener de front dans un contexte général marqué par la surenchère et le populisme, d’où l’impératif de l’audace et de l’innovation.

Dans ce contexte, le RCD est confronté à un triple problème.

  • Il est particulièrement visé par le pouvoir en tant que Rassemblement atypique conçu en dehors et contre la matrice originelle du système politique dominant. Ses cadres, étrangers au sérail sont peu susceptibles de se laisser influencer ou absorber. Cela génère à l’égard de notre parti stigmatisation et agressivité. Il n’est pas exagéré de dire que pour la plupart des responsables officiels algériens, le RCD est, bien avant l’extrémisme religieux, la formation à contenir et à neutraliser.
  • L’adversité dont est l’objet le RCD, qui a eu la lucidité et le courage de soulever les véritables problèmes qui se posent à la société algérienne (laïcité, identité, code de la famille, école, justice, liberté de la presse, économie de marché, fédération nord-africaine…), le désigne à un système autarcique abusant d’une communication hégémonique comme le premier adversaire à éliminer.
  • Enfin, comparé aux formations d’importance équivalente, le RCD est de loin celui qui dispose de moins de ressources. Au regard de l’activité et de la représentation qui sont les siennes, la conviction, dans la conjoncture présente, est appelée à se consolider pour devenir la valeur qui motive et arme le militant.

Des Algériennes et des Algériens, de plus en plus nombreux, convaincus de la justesse des positions du RCD, placent leurs espoirs dans notre formation. Répondre à cette attente est capital. Une mutation s’impose dans notre organisation et notre communication pour prendre un nouvel élan.

Cela suppose une profonde réflexion pour :

  • La définition des chantiers engageant le devenir immédiat et lointain du pays.
  • La mise en œuvre d’une politique audacieuse en faveur d’un élargissement à la jeunesse et  aux compétences convaincues de l’impératif et de l’inéluctabilité de la perspective démocratique.
  • Le redéploiement sur la scène internationale pour mieux défendre notre projet et faire savoir que l’Algérie connait une évolution importante et qu’elle peut échapper à la fatalité du pouvoir et de l’intégrisme.

Les efforts faits ces dernières années en direction des couches populaires, notamment les jeunes, les femmes et les travailleurs, se sont avérés décisifs. Maintenir sous une forme ou une autre le régime et aller au pire ou réhabiliter le pays par la rupture ordonnée qui refuse les règlements de compte et les compromissions pour privilégier la sauvegarde nationale ; c’est à cette question et à cette seule question qu’il faut répondre.

Après le lent mais inexorable échec du régime, après le reflux de l’extrémisme religieux, voilà venu le temps des ambitions démocratiques qui verront la concrétisation d’un projet dont le RCD a été longtemps le concepteur et l’animateur solitaire.

La génération d’après-guerre est la plus indiquée pour réaliser ce grand dessein. La convergence démocratique est une option stratégique pour le Rassemblement. C’est aussi une question de survie nationale. Nous sommes donc amenés à des choix vitaux. Nous avons le devoir de poser de nouveaux repères pour les générations qui nous suivent.

À chaque période ses exigences, à chaque génération sa mission.

II-FONDEMENTS ET PRINCIPES DU RCD

Après une vingtaine d’années et malgré d’énormes difficultés, de menaces, de pressions, de diffamations et d’assassinats de ses militants, le RCD est devenu un acteur incontournable de la scène politique algérienne.
Tiré des profondeurs historiques du pays qui ont permis à la nation de survivre aux conquêtes, aux éclipses et à tant d’agressions, le message du Rassemblement reflète fidèlement l’âme, l’identité et les aspirations du peuple algérien au progrès, à la justice et à la liberté.

Moderne sans renier notre passé ; ouvert au dialogue fécond des civilisations sans tomber dans le mimétisme; tolérant sans trahir ses convictions ; généreux, rigoureux, solidaire tout en appelant chacun à l’effort individuel ; attaché à nos valeurs tout en invitant la société algérienne à s’affranchir des pesanteurs, des archaïsmes et des féodalités qui l’étouffent, le RCD incarne l’espoir démocratique pour tout un peuple.

Libérer l’expression citoyenne pour en mobiliser les énergies créatrices, telle est la vocation de notre formation qui aspire à traduire en l’actualisant aux besoins et au savoir actuels le combat libérateur.

Conscient à la fois de sa mission fondatrice, de ses devoirs envers toutes celles et tous ceux qui ont placé leur confiance en lui, le RCD a brisé des tabous, contribué à libérer la société de la peur et ressuscité l’espoir par l’anticipation des solutions adossées à des principes intangibles.

II.1- La République

En Algérie, l’option républicaine tire sa légitimité de l’engagement solennel des acteurs de la libération nationale de fonder «un Etat démocratique et social», loin de toute « théocratie révolue».

II.2- Le principe d’égalité

Constitutive de la pratique sociale algérienne, l’égalité fonde le pacte civil qui régit la république et garantit la citoyenneté. Consacré par la constitution, le principe d’égalité entre les citoyens et notamment entre femmes et les hommes se heurte souvent aux dérives patrimoniales et népotiques des institutions. Le code la famille qui renie l’engagement des Algériennes dans le combat libérateur et les luttes démocratiques doit être abrogé.

II.3- Le principe de souveraineté

La souveraineté nationale fonde l’émergence de la nation algérienne dans l’histoire contemporaine. Pierre angulaire de la République, la souveraineté suppose un fonctionnement social reposant sur l’arbitrage de la règle de droit qui prime sur la force. Dans notre pays, l’absence de légitimité des institutions mutile la souveraineté de l’Etat.

Les fraudes électorales massives et récurrentes qui ont prévalu depuis l’indépendance ont perverti le suffrage universel et confisqué la souveraineté nationale.

II.4- Les principes de laïcité et de modernité politique

La laïcité est le mécanisme politique moderne qui aménage les rapports entre Etat et religion. Loin d’être un rejet de la religion, le principe de laïcité garantit les libertés de conscience et de culte. Il permet d’affranchir la religion de la tutelle de l’Etat pour la restituer au champ de la foi .Elle organise la coexistence pacifique entre les différents cultes. Ce vécu est une donnée socio-culturelle largement répandue dans les pays d’Afrique du nord. De nos jours, les sociétés rurales s’organisent toujours dans la séparation sereine des pouvoirs du chef du village et ceux du responsable religieux

II.5- La démocratie

Mise en œuvre depuis des temps immémoriaux dans nos contrées, la démocratie doit se décliner dans le fonctionnement de l’Etat. Seul un gouvernement légitime peut défendre et promouvoir l’intérêt général et consacrer la démocratie républicaine. L’autonomie individuelle est au centre de la problématique démocratique. Les libertés d’expression et d’organisation, le libre et égal accès à l’information, à l’instruction et à la culture sont des garants de l’émancipation du citoyen et de son libre arbitre.

II.6- L’Etat de droit et la justice

L’Algérie officielle évolue de plus en plus en marge du droit et des principes démocratiques. La Constitution est violée en fonction des conjonctures et des intérêts des castes au pouvoir.

La justice algérienne doit être au service de l’Etat de droit. En attendant de voir le système éducatif réhabilité dans sa mission de formation citoyenne et de production d’élites capables d’assumer une justice indépendante, l’institution judiciaire doit bénéficier d’une politique de mise à niveau périodique de ses membres.

II.7- La citoyenneté

La citoyenneté est la liberté reconnue à l’individu-citoyen de participer à la vie politique, à la gestion des affaires publiques et à leur contrôle.

Dans notre pays, l’exercice de la citoyenneté est fortement contrarié par les abus d’autorité,  la fraude électorale et la misère sociale. Cette situation provoque une réaction qui se traduit notamment par l’abstention massive de tous les scrutins.

II.8- Le pluralisme

L’épanouissement des valeurs citoyennes est tributaire de la consécration du pluralisme auquel le RCD a payé un lourd tribut. Pluralisme, liberté de presse et déontologie sont les sentinelles de la démocratie. La reconnaissance formelle du multipartisme de 1989 n’a pu réhabiliter l’Etat car elle n’a pas été accompagnée d’une consécration de l’alternance. La diversité politique, culturelle et linguistique est une des caractéristiques de l’Algérie. Son respect est une condition de la cohésion, de l’harmonie et de l’émancipation de la collectivité nationale.

II.9- Les droits de l’homme

Initiée à l’ère du parti unique par les militants fondateurs du RCD, la lutte pour le respect des droits de la personne humaine reste une préoccupation actuelle tant ceux-ci continuent de subir un dictat du pouvoir autoritaire générateur de multiples autres formes de violences.

Le RCD est un parti social-démocrate. Il fonde son projet sur le respect et l’universalité des droits de l’homme et du citoyen. Il proclame notamment son attachement à la liberté de conscience, à la laïcité de l’Etat et de l’école et au refus de toute discrimination de sexe, de race, de conviction philosophique ou religieuse ou de choix personnel de vie.

Le RCD agit pour concrétiser, dans la réalité et le droit positif algériens, les droits sociaux et économiques consacrés par le droit international, notamment les droits à la santé, au travail et au logement.

Le RCD considère que les droits à la culture, à l’information, à l’enseignement et à l’usage professionnel de la langue maternelle sont à la base de toute avancée du processus de démocratisation.

Le RCD milite pour que l’Etat algérien respecte les traités internationaux relatifs aux droits de l’Homme et lève toutes les réserves qu’il y a opposées.

Le RCD milite pour l’abolition de la peine de mort.

Le RCD milite pour que les pouvoirs publics algériens et la communauté internationale élaborent de nouveaux instruments juridiques permettant d’appréhender les nouvelles formes de violations massives des droits humains commises par les Etats ou les groupes non étatiques.

II.10- La bonne gouvernance

Le monde est en train de vivre des transformations fondamentales sous le quadruple effet de la révolution de l’information et de la communication, de l’intensification des échanges économiques, de la libéralisation des sociétés et de l’explosion de la production des biens et des services.

En matière de gouvernance, le gouvernement algérien entend régler les problèmes d’aujourd’hui et de demain avec des méthodes obsolètes où l’opacité hypothèque toute forme de développement.

Le RCD considère que l’émergence d’une culture de la bonne gouvernance est subordonnée à l’éradication de la fraude électorale.

II.11- La régionalisation

Dans la perspective d’une bonne gouvernance, le système institutionnel algérien ne doit plus s’appuyer sur le modèle central, hérité de l’administration coloniale, mais sur celui de la territorialité bien comprise où la région sera consacrée aussi bien comme pôle de développement et de régulation que comme espace d’expression de la démocratie locale.

Forgée autour de son identité propre, la région est en mesure d’offrir des politiques publiques intégratives notamment aux plans économiques et socioculturels qui transcendent le cadre étroit de la wilaya et de ses démembrements imposés jusqu’ici.

III-L’ETAT UNITAIRE REÉGIONALISÉ ET LA GOUVERNANCE LOCALE

La refondation institutionnelle comme la culture de la gouvernance en vue de l’instauration d’une légitimité démocratique fondée sur le droit ne peuvent plus être différées. Elles imposent, dans l’urgence et à la lumière des bouleversements qui ont marqué le contexte régional, la formulation et la mise en place de modes de gestion politiques en adéquation avec les aspirations d’une Algérie profondément renouvelée et en symbiose avec l’universalité des droits de l’homme et les exigences de l’économie mondiale d’aujourd’hui.

III.1- Considérations générales

Trois considérations majeures d’ordre historique, économique et politico-géographique doivent être prises en compte pour définir un système institutionnel et administratif de renouveau propre à notre pays :

1-Au plan historique, la déclaration de Novembre 1954 et la plate-forme de la Soummam constituent les références les plus consensuelles du peuple algérien. L’Algérie de Novembre 1954 avait été organisée en cinq zones qui deviendront, à la suite du Congrès de la Soummam, les six wilayate historiques. Ce découpage, qui correspondait aux profondeurs sociologiques et culturelles du pays, a montré sa fiabilité et sa pertinence durant toute la guerre de libération nationale.

2- Au plan économique, le développement ne peut être réel, dynamique et soutenu que s’il est intégré dans un espace géographique viable. Au niveau mondial, la réorganisation des pôles économiques inspirés d’entités historiques cohérentes donne une bonne indication des tendances en matière de recomposition politico-administrative. Il y a une quinzaine de pôles de développement correspondant à des régions naturelles dans notre pays. Il y a lieu de leur donner une traduction juridique.

Aucune des deux instances politico-administratives d’aujourd’hui (Etat centralisé ou wilaya) n’est adaptée aux nouveaux impératifs économiques. Il est reconnu, y compris par les pouvoirs publics actuels, que les infrastructures, les équipements, les installations industrielles, les hôpitaux, les universités, les centres de recherche ont trouvé des limites trop étroites au niveau de la wilaya ou trop vastes au niveau du pays. C’est pourquoi, un édifice institutionnel nouveau à mi-distance entre les deux entités administratives actuelles s’impose de toute urgence.

3- Au plan politico-géographique, deux fait sont marqué l’évolution administrative de l’Algérie. Des changements récurrents, souvent opérés pour des considérations politiques clientélistes et partisanes et, une multiplication d’institutions et d’unités territoriales artificielles qui n’obéissent ni à une organisation cohérente de l’espace ni à une gestion administrative rationnelle. L’Etat est conçu pour contrôler la société et non pour favoriser son épanouissement.

Le constat est, en tout état de cause, clair. Miroir de l’Etat colonial, l’Etat centralisé qui a prévalu depuis 1962 et qui consacre l’hégémonie et la mainmise administrative sur le local, a montré ses limites. La réorganisation territoriale, la régionalisation et la décentralisation des pouvoirs, la libération des énergies et la responsabilisation des instances locales et régionales sont désormais à l’ordre du jour et constituent des préalables à toute forme de gestion démocratique.

Pour le RCD, la société algérienne a sa propre histoire ; cette dernière appelle ses propres modes d’expression et d’organisation. L’Etat unitaire régionalisé (EUR) organisé sur la base du principe d’une régionalisation modulable est l’alternative à l’impasse politique et institutionnelle actuelle. L’Etat unitaire régionalisé a l’avantage de conjuguer la maitrise de la bonne gouvernance tout en accordant une modulation souple dans les intégrations des régions, selon leurs niveaux de développement économique, leur capacité d’encadrement et la volonté de leurs populations à disposer de plus ou de moins de prérogatives par rapport à l’autorité de l’Etat central.

L’Etat unitaire régionalisé que le RCD propose à la Nation permettra de promouvoir une intégration nationale démocratique et un développement national en harmonisation avec l’Etat central qu’il consolidera.

III.2- Les contours de l’Etat unitaire régionalisé

L’Etat unitaire régionalisé s’articule autour des principes directeurs suivants :

III.2.1- La région naturelle

Produit de contingences géographiques, historiques, socioéconomiques ou politiques, la région est une étendue caractérisée par son unité et sa cohérence. En Algérie, quoique niée et combattue, la réalité historique, sociologique, culturelle, économique et même politique de la région est indéniable. Cette réalité a, depuis longtemps, précédé l’institution juridique. Les services administratifs régionaux–englobant plusieurs wilayas- issus de la colonisation et de l’administration beylicale turque ont été, pour certains d’entre eux, reconduits après l’indépendance. La wilaya s’est avérée, comme cité plus haut, trop petite pour les besoins d’aménagement du territoire du plus grand pays d’Afrique.

La réalité économique régionale a été ainsi matérialisée  sur le terrain à travers la mise en place de structures et de services publics régionaux au sein de l’administration fiscale, douanière, les domaines, les banques, les chambres régionales d’industrie, d’agriculture et de commerce.

Conçus pour asseoir localement l’administration de l’Etat et contrôler la société, ces services se sont vite avérés dans les faits comme une nébuleuse, travaillant en vase clos, dont la fonction est de s’identifier aux seuls domaines de compétence de leurs hiérarchies sectorielles et de l’administration centrale.

Aujourd’hui, il faut s’émanciper de ces schémas pour institutionnaliser cette réalité sociale et concevoir des collectivités régionales dotées de pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires. Le transfert vers les régions de la plus grande part possible de la décision socioéconomique et politique permettra de créer, responsabiliser de véritables autorités locorégionales autonomes qui seront, de fait, des institutions de renouveau proches des proximités capables d’impulser le processus de démocratisation, de développement économique et d’intégration sociale.

III.2.2Le domaine des compétences

L’EUR implique une redéfinition des missions de l’État tant au niveau central que local pour donner un sens démocratique et de bonne gouvernance à la régionalisation. À cheval entre l’Etat unitaire et l’Etat fédéral, l’Etat unitaire régionalisé aura à relier une douzaine de capitales régionales qui seront constitutives de pôles de décisions de régulation, de concertation et d’une élite compétente qui agiront au plus près des intérêts locaux et régionaux sans être déconnectées du pouvoir central.

Cela suppose qu’au niveau national, l’Etat central aura à se concentrer sur ses missions régulatrices et régaliennes que sont la politique étrangère, monétaire, douanière et de défense nationale tout en œuvrant pour un développement intégré des régions. Au niveau régional, chacune de ces capitales sera dotée d’un pouvoir d’unité d’action et de décision incarné par un organe exécutif dépositaire de la légitimité populaire et d’un organe législatif pourvu de larges compétences, pour développer une politique institutionnelle propre -dans le cadre global fixé par la Constitution-  et une administration spécifique dotée de la faculté décisionnelle et une assise financière et économique propre.

De ce fait, les compétences des collectivités régionales seront davantage orientées vers les politiques économiques, sociales, culturelles et identitaires suivantes :

  • l’organisation de leurs institutions d’auto gouvernement et services régionaux (administration générale) ainsi que la police urbaine et rurale;
  • la délimitation des circonscriptions municipales faisant partie de leur territoire (wilayate et communes) ;
  • l’aménagement du territoire, l’urbanisme et le logement ainsi que les travaux publics présentant un intérêt pour la région sur son propre territoire ;
  • les transports et communications tels que la voirie routière régionale, les ports de pêche et de plaisance et aérodromes incluant le réseau ferroviaire et routier dont l’itinéraire s’étend intégralement sur le territoire de la région ;
  • environnement et salubrité;
  • marchés et foires intérieures et internationales ;
  • la santé publique (hôpitaux et protection de la santé) et l’action sociale ;
  • les services économiques (promotion économique, commerce et industrie, agriculture, pêche), la gestion des forêts et les exploitations forestières ;
  • l’encouragement du développement économique de la région dans le cadre des objectifs fixés par la politique économique nationale. Il appartient à l’État central de planifier l’activité économique générale. Le gouvernement central élabore les projets de planification économique conformément aux données prévisionnelles que lui fournissent les régions ;
  • les projets, la construction et l’exploitation des installations hydrauliques, des canaux et des systèmes d’irrigation présentant un intérêt pour la région, les eaux minérales et thermales,
  • promotion de l’artisanat et l’aménagement du tourisme dans le cadre territorial et régional ;
  • l’éducation, la formation professionnelle et l’enseignement supérieur ;
  • la promotion culturelle (musées, théâtres, bibliothèques, conservatoires de musique, le patrimoine architectural présentant un intérêt pour la région) ;
  • la promotion de la recherche, de la culture et de l’enseignement de la langue de la région ;
  • la promotion du sport et des loisirs.

III.2.3- Parlement national et Parlement régional

Chaque région est dotée de son propre parlement. L’Assemblée régionale élue aura vocation à légiférer et contrôler l’exécutif régional dans les limites des pouvoirs dévolus à l’autorité régionale. L’Assemblée nationale, quant à elle, doit être un fidèle reflet de la Nation. Ses attributions doivent recouper celles dévolues à l’État central.

III.2.4-  La régionalisation modulable

La régionalisation de l’État peut être opérée de façon modulable et progressive. Chaque région peut organiser les transferts de compétences selon son propre rythme ; le niveau d’autonomie étant fonction de la demande sociale régionale et de ses capacités matérielles et humaines.

Deux types de régions sont envisagés :

-des collectivités de pleine autonomie qui ont un nombre de compétences minimum qui ne peut être dépassé.

-Des collectivités d’autonomie progressive dont le transfert se fera en fonction de leur évolution socioéconomique, les besoins et l’aspiration de leurs populations. Les compétences initiales représentent un maximum qui ne peut être dépassé.

III.2.5- La juridiction suprême d’arbitrage

L’État unitaire régionalisé implique la mise en place d’une juridiction suprême chargée d’arbitrer entre les Régions et l’État central et veiller à la constitutionnalité des lois et décrets votés par les Régions. Cette instance garantira, également, le respect par toutes les collectivités régionales du socle de valeurs républicaines et démocratiques à la base du consensus national.

            III.2.6- La solidarité interrégionale

Le principe de solidarité et l’équilibre régional trouvent pleinement leur expression dans l’État unitaire régionalisé à travers notamment l’institutionnalisation d’un fonds de compensation interrégional. L’État garantit la matérialisation effective du principe de solidarité et veille à la concrétisation d’un équilibre économique, adéquat et juste entre les diverses parties du territoire par le recours à des mécanismes de péréquation.

S’agissant de notre pays, le constat est unanime. Les politiques de développement, conçues par le pouvoir central comme des politiques d’assistance aux régions déshéritées, au lieu de réduire les disparités régionales, n’ont fait que les exacerber et créer un déséquilibre préjudiciable au projet national commun. Des populations entières ressentent, aujourd’hui, un sentiment d’exclusion, de frustration et d’injustice.

À cet effet, l’État unitaire régionalisé mettra en place un fonds de compensations interrégional en vue de garantir un minimum de services publics et relever les conditions socioéconomiques et culturelles des régions défavorisés. Le système de financement de la communauté nationale se fera par les revenus provenant du transfert de l’État central et les ressources fiscales gérées ou recouvrées par les instances régionales.

III.2.7-  Le budget

Le budget national est élaboré sur la base préalable des budgets régionaux. Les ressources naturelles sont des biens communs de toute la Nation et sont distribuées équitablement aux régions au prorata de leurs habitants. Il appartiendra aux instances nationales, de veiller aux différents équilibres régionaux et d’assurer une équité qui tienne compte à la fois de la densité des populations, de la superficie du territoire, des potentialités  naturelles et économiques de la région et des réalisations et besoins exprimés par les populations.

Le financement des projets d’investissement doit se faire d’un commun accord entre l’administration centrale et les collectivités régionales par l’entremise d’une structure des investissements publics. L’Etat doit veiller à la destination et au contrôle des aides accordées par les fonds de compensations interrégional et des projets qu’il finance.

            III.2.8-  La fiscalité

La politique fiscale est de la compétence de l’Etat central. La Région doit, toutefois, disposer des revenus de sa propre fiscalité ; ceux-ci étant le meilleur gage du maintien du lien de responsabilité  entre les élus et leurs mandants. En outre, chaque région doit participer à la reconstitution du trésor public par une contribution financière évaluée de façon paritaire.

            III.2.9-  La solidarité intercommunale

Dans le contexte de l’EUR, la revitalisation du pouvoir local revêt une priorité cardinale pour faire en sorte que l’élu reste en relation constante avec les citoyens qui l’ont porté à la responsabilité.

Le rôle des communes sera mieux précisé et élargi pour plus d’efficacité afin de décompresser le pouvoir central et atténuer les tensions sur ses structures. Il convient de revaloriser et fixer leurs pouvoirs et attributions et les libérer du diktat de la tutelle pour consolider la démocratie de proximité et s’attirer les cadres et l’élite politique et économique dans leur gouvernance.

La mise en place de la régionalisation sera ainsi consolidée par un second pôle axé sur les communes-partenariat ou la solidarité intercommunale ; pour en faire un cadre où ces processus d’organisation renouvelés trouveront leur énergique mise en mouvement dans une synergie au plus près de l’Etat, des proximités et des citoyens.

III.2.10- La régionalisation et l’Afrique du Nord

Au niveau local ou territorial, la gouvernance s’exerce pour l’ensemble des pays nord africains à travers les seuls processus réducteurs de centralisation et déconcentration. Chacun de ces pays a connu des développements régionaux inégaux dans la mesure où ce sont les régions maritimes et du Nord qui ont le plus bénéficié des richesses nationales ; les régions de l’intérieur et frontalières étant les plus défavorisées.

Ces dernières très proches culturellement et socialement les unes des autres, marquées par des attaches puissantes, trouveront un nouvel essor dans la perspective d’une politique nord-africaine d’aménagement du territoire. Les régions devront pouvoir développer des stratégies de coopération, à différents niveaux, interrégionaux non seulement en Algérie mais aussi dans tout l’espace nord-africain.

En ce sens, la refondation nationale que projette le RCD est un concept-programme qui postule la régionalisation d’une nation algérienne intégrée dans une matrice nord-africaine, elle-même en synergie avec la Méditerranée occidentale.

IV-CULTURE, ÉDUCATION ET JEUNESSE

IV.1-  La Culture en question

En matière de culture, l’Algérie a tout subi : le refoulement, le reniement, l’aliénation et la négation de soi. Au processus d’acculturation entrepris par le colon est venu s’ajouter après l’indépendance celui du projet de dépersonnalisation plus structuré. La « révolution culturelle » étant un chantier d’aliénation idéologique, de mutilation identitaire et de falsification historique.

Une entreprise d’occultation de l’histoire et de remise en cause de pans entiers de la culture sociale qui, en d’autres temps, avaient servi de repères, de ciment et d’instruments de résistance contre les occupants de tous bords n’a pas cessé de hanter les tenants d’un arabo-islamisme sectaire et populiste.

Le pouvoir politique a imposé « l’unicité » au détriment de la diversité culturelle ; unicité idéologique d’abord qui devait conditionner toutes les autres, dont le nivellement culturel n’est pas le moindre des avatars de l’Algérie indépendante.

Les mutations mises en œuvre au nom de cet arabo islamisme réducteur et d’un socialisme spécifique fait d’amalgames et d’approximations ont sevré l’Algérie de son patrimoine historique et identitaire, de ses langues, de sa capacité à s’adapter et à innover, de ses possibilités multiples, en un mot de son génie propre.

Les dégâts ont été d’autant plus importants que les moyens mis à contribution furent les armes redoutables de l’école, des médias publics (radio, télévision, journaux…), de la mosquée confisquée par le parti unique, l’administration au service exclusif du régime, en somme les moyens d’une communication de masse au profit d’une culture dirigée et d’un formatage en règle. L’action du pouvoir politique a fait perdre l’essentiel au pays : son âme et son génie propres.

Et ce n’est pas en faisant écouter l’hymne national tous les matins dans les établissements scolaires, tous cycles confondus, en procédant à la levée des couleurs qu’on apprendra aux jeunes Algériens à aimer leur pays, à être citoyens et à découvrir ce qu’ils sont ! Le fossé entre l’illusion d’un mythe arabo-islamique et la résonnance des racines ne peut absorber la jeunesse qui veut d’abord vivre son temps sans rien renier de son environnement.

Les entités culturelles et morales ont été profondément dénaturées. L’on n’a pas voulu transmettre l’essentiel, l’héritage multiple fondé sur l’échange, la solidarité, le dialogue, le sens de l’équité et la liberté, valeurs véhiculées par l’organisation sociale de nos ancêtres, au nord comme au sud. Ces capacités ayant été ignorées ou perverties, l’on a fait place à « la violence »à tous les niveaux de la société comme unique moyen d’expression. C’est que l’on a stérilisé les potentialités créatrices, affaiblissant toute forme de propositions constructives.

Nos jeunes ont été sevrés dès le primaire. On a voulu en faire des enfants monolingues et rétifs, aux horizons rétrécis, cisaillant leurs rêves à la naissance, les préparant à un futur figé dans les mythes, à une vie de résignation et finalement à un destin d’invalides. Coupés de la mamelle nourricière du vrai savoir, livrés aux laboratoires des Frankenstein de tous bords, délesté de la dimension universelle de l’homme et de la culture, nombre de ces jeunes sont devenus des mutants, sans volonté ni esprit critique, endoctrinés, entrainés dans une catastrophe dont on tarde à mesurer les dégâts. D’autres s’embarquent pour un ailleurs mythique, fuyant la misère et le désespoir, empruntant un chemin de traverse où la mort et l’oppression attendent le plus grand nombre.

Il est indispensable, pour que l’Algérie redécouvre la voie du progrès, de libérer le citoyen, de promouvoir l’intelligence, de dynamiser le secteur de la culture dans tous ses aspects. Il ne s’agira plus de « faire » du folklore, engloutissant des sommes faramineuses dans des festivals et des événements factuels et démagogiques comme « le festival panafricains des danses… », « Alger, capitale de la culture arabe », « Tlemcen, capitale de la culture islamique » etc.

L’enjeu sera de promouvoir la compétence et de concevoir une nouvelle vision culturelle. L’Algérie a un besoin vital de recouvrer l’ensemble de son patrimoine où peuvent s’immerger ses élites qui peuvent ainsi disposer d’un socle identitaire pour structurer sa relation à l’univers.

Le patrimoine culturel doit cesser d’être perçu comme une menace et sacrifié, occulté et dissimulé. Il doit être rendu à sa fonction de matrice de la mémoire, de l’histoire et de l’identité. C’est l’ignorance des repères historiques et des motifs réels de fierté communautaire qui a fait de la jeunesse algérienne une population sans ancrage, s’identifiant à tout sauf à elle-même, victime du plus périlleux des fléaux : la haine de soi.

L’Etat doit :

  • réaliser un plan audacieux de développement des structures culturelles pour compenser l’immense déficit accumulé depuis l’indépendance en matière d’infrastructures de cinémas, de théâtres et salles de concerts, bibliothèques, conservatoires, etc… ;
  • lever le monopole sur les moyens de production et de diffusion culturelles et les médias ;
  • favoriser l’expression libérée et le débat public et abandonner toute contrainte sur la production culturelle ;
  • Repenser la politique du livre parle soutien des pouvoirs publics. Sa fabrication comme son importation doivent être exonérés de toute imposition. Les jeunes auteurs doivent être stimulés  par des aides à l’édition et à la diffusion ;
  • déclarer les outils pédagogiques comme des produits de première nécessité ;
  • encourager la recherche en matière de culture, d’art et d’histoire et l’affranchir de toute forme de censure et de dirigisme ;
  • réhabiliter et encourager la production théâtrale et cinématographique, dans les régions comme au niveau national, dans les langues algériennes ;
  • encourager le mouvement associatif culturel ;
  • dynamiser l’activité des musées et valoriser les sites afin de les extraire de leur léthargie pour devenir des lieux de rayonnement et de diffusion de la connaissance, de la culture et de l’histoire ;
  • recouvrer et protéger le patrimoine archéologique et architectural national tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays ;
  • revaloriser le patrimoine immatériel national et les savoirs faire populaires ;
  • redonner sa place à l’Histoire dans le cadre d’une école rénovée et orientée vers la connaissance, l’ouverture, la rationalité et le développement de l’esprit critique ;
  • reconnaitre tamazight comme langue officielle, au même titre que la langue arabe, est une exigence historique et un impératif pour garantir la cohésion et l’émancipation de la collectivité nationale. L’usage du français et de l’anglais comme langues d’enseignement est aussi une priorité supplémentaire qu’il faut inscrire dans la loi fondamentale.

IV.2-  ÉDUCATION

Cinquante années après l’indépendance, il est toujours difficile de débattre, de façon sereine et lucide, de l’école en Algérie. Malgré les discours triomphalistes des responsables, l’école est à la base des périls qui hypothèquent l’Algérie en tant qu’Etat, Nation et Société. L’approche prospective reste toujours piégée par les appétits claniques puisque, politiquement, l’arabisation, par exemple n’a servi à rien d’autre qu’à élaborer une stratégie de prise de pouvoir par une minorité.

Conçue pour assumer le contrôle de l’esprit et garantir la reproduction du système, l’école est la première victime du terrorisme idéologique. La négation d’un héritage culturel ancestral, le mépris de la rationalité, le refus de l’universalité et l’archaïsme idéologique ont conduit le système éducatif à l’impasse actuelle.

Le résultat est connu. Le niveau de toute l’institution scolaire et universitaire s’est effondré. Comparé à des normes universelles, le système éducatif algérien est classé 123éme à l’échelle mondiale; la première université algérienne est alignée à la 3200ème place selon l’évaluation de l’université de Shanghai. Le déficit est criant : échec et déperdition scolaires effarants, secteurs budgétivores, contenus d’enseignement obsolètes, pédagogie déficiente, rigidité bureaucratique, absence de réflexion prospective…

Sur100 élèves entrés en 1ère année primaire, 7 intègrent l’université. Plus de la moitié des élèves sortent de l’enseignement secondaire sans diplôme qualifiant ; les taux de réussite au baccalauréat général et technique étant respectivement de seulement 36% et 47% avant qu’ils n’atteignent ces deux dernières années, pour des raisons politiciennes évidentes, les 51 et 62,45%.L’exclusion scolaire avoisine les 400.000 élèves par an.

Après une velléité de réforme au début des années 2000, l’école algérienne est aussitôt rattrapée par les constantes d’une idéologie nationaliste d’apparat ; tandis que les enfants des dirigeants sont à l’abri et accomplissent leur cursus à l’étranger ou dans des écoles privées. La réforme entreprise a eu pour finalité la modification de la forme, de la manière et des méthodes d’enseignements ; elle n’a pas eu pour objectifs la remise en cause des contenus et la mise à niveau des connaissances pour se mettre à l’heure universelle.

Le destin de l’Algérie, les intérêts supérieurs de la Nation et l’avenir de nos enfants exigent une formation à même de s’inscrire dans la compétitivité internationale.

Le RCD rappelle que l’école algérienne n’appelle pas de réformes. Elle exige fondamentalement une refonte. Une refonte qui doit relever deux défis majeurs :

  • Bâtir une société démocratique capable de former l’Homme citoyen pour préserver sa culture et s’ouvrir sur le monde en intégrant les valeurs universelles.
  • Former les compétences susceptibles de valoriser le potentiel algérien dans un contexte mondialisé.

Seule une école nationale, moderne, républicaine, performante et ouverte permettra à l’Algérie de réaliser ces objectifs. Les programmes scolaires et universitaires doivent être adaptés aux besoins de la société d’aujourd’hui à travers ses ambitions nationales et les exigences d’universalité.

  • Le RCD est convaincu que l’éducation, la formation professionnelle et l’université sont des entreprises qui demandent un investissement considérable de l’Etat. Celui-ci a les moyens de se l’offrir si la volonté politique venait à suivre.
  • L’école et l’université devraient être des pôles d’excellence qui formeront l’encadrement, les ingénieurs et les architectes de demain, une société auto suffisante où les jeunes algériens n’auront plus à émigrer pour pouvoir s’accomplir. Il est indispensable que le système de formation œuvre à l’intégration des étudiants et des compétences vivant à l’étranger et encourage la coopération internationale en vue de combler les déficits enregistrés dans certaines disciplines.
  • Le RCD propose d’enseigner et de promouvoir nos langues nationales, de rétablir le français comme langue d’enseignement des mathématiques, des sciences et des technologies et procéder sur le long terme à favoriser l’émergence d’un trilinguisme fécond dans tous les cycles de formation. Cette tendance prévaut dans beaucoup de pays, y compris ceux du monde arabe, et permet une meilleure articulation avec l’université où l’enseignement des sciences exactes, médicales et même les sciences humaines est assuré soit en langue française pour le Maroc et la Tunisie, soit en langue anglaise pour certains des pays du Moyen Orient.
  • Libérer l’école des idéologies pour qu’elle s’adonne à la promotion de l’instruction civique, de la rationalité, de l’esprit d’analyse, des valeurs de tolérance, d’échange d’idées et de la lutte des peuples pour leur épanouissement. Démocratie et droits de l’homme doivent être au centre de l’éducation. L’enseignement des droits de l’homme est le point de départ le plus motivant pour établir la relation entre l’individu, la société et les institutions.
  • Décoloniser et cesser de manipuler l’histoire et l’enseigner sereinement entant que paradigme de l’accomplissement de la conscience nationale.
  • Les grandes écoles doivent être réhabilitées pour se consacrer à la formation d’élites scientifiques, ouvertes démocratiquement selon les seuls critères pédagogiques, aux élèves les plus doués.
  • La formation professionnelle doit être mieux orientée pour la satisfaction du marché de l’emploi.
  • L’université doit être soustraite à l’embrigadement du pouvoir ou de tout autre mouvance politique et jouir également de l’autonomie de gestion. Elle se doit de véhiculer une pensée critique et rationnelle, de dispenser un enseignement adapté aux mutations technologiques et réhabiliter les sciences sociales et humaines.
  • La recherche scientifique, sans laquelle aucune bataille de développement ne peut être gagnée, doit être consacrée en mettant à sa disposition les moyens humains et matériels nécessaires à son essor, aussi bien au niveau des entreprises que des universités, en l’intégrant dans le développement de la post graduation. La recherche fondamentale ne doit plus être perçue comme un luxe mais comme l’une des conditions de développement national.
  • Le capital privé national doit pouvoir investir aussi dans la production culturelle, l’édition et la promotion d’ouvrages scolaires et universitaires. L’école privée doit être  reconnue et son contenu précisé selon les valeurs et les exigences qui auront déterminé la conception de l’institution publique.
  • La situation sociale, morale et intellectuelle déplorable réservée au corps enseignant n’est pas étrangère à la dépréciation du niveau d’enseignement. La revalorisation du statut d’enseignant, tous cycles confondus, en veillant à l’amélioration constant de son niveau pédagogique et technique, constitue une exigence nationale.
  • Les problèmes de la population nationale d’handicapés requièrent une attention plus accrue de la part des pouvoirs publics en matière de prise en charge et d’éducation.
  • Porter immédiatement le budget au minimum à 15% du PIB et consentir progressivement les coûts par apprenant à des niveaux qui sont ceux des pays développés.

IV.3-JEUNESSE

Frange la plus importante de la population dont elle représente un peu plus des trois quarts, la jeunesse algérienne n’a jamais bénéficié d’une politique à même de répondre à ses aspirations qui sont, en réalité celles de toute la société. À contrario, elle a souvent constitué un fonds de commerce pour les tenants du pouvoir qui lui font miroiter, à chaque rendez-vous électoral, des promesses d’un bien-être qui, une fois passée l’échéance, se muent en cauchemar, aggravant sa situation faite d’un système éducatif au rabais, d’une formation professionnelle tout aussi sommaire et aléatoire et déconnectée des besoins du marché.

La résultante de tous ces facteurs est dramatique, un chômage endémique et, quand les possibilités d’embauche existent, le phénomène de clientélisme et de passe-droits érigé en règle, en plus de la déstructuration de la cellule familiale avec l’apparition et l’expansion de maux sociaux dont certains étaient, jadis, inconnus dans le pays.

Pour le RCD dont la composante aussi bien à la base qu’au sommet est majoritairement jeune, la jeunesse algérienne mérite qu’elle récolte les fruits du combat de ses aînés qui se sont sacrifiés à la fleur d’âge pour l’indépendance du pays. Ceci ne peut se concevoir et se concrétiser qu’à travers un véritable plan Marshal pour rattraper le retard accumulé. Pour cela, il convient de mettre judicieusement à profit la manne financière du pays dans un vaste programme brassant tous les secteurs d’activités ayant trait directement à la jeunesse et qui lui permet de se réaliser autrement que dans l’économie informelle, le mythe de l’exil ou, pire, dans la violence.

Les dispositifs d’insertion des jeunes dans le monde du travail initiés ces dernières années sont des exemples édifiants de l’approximation qui caractérise une démarche plus populiste que stratégique. Sans étude préalable et sans accompagnement des postulants dans la concrétisation de leurs projets d’investissement, ces dispositifs, s’ils ont réussi à une minorité de jeunes, ont, pour leur majorité, produit des effets pervers : surendettement, désinsertion, découragement, etc…

La crise algérienne ne peut connaitre de solution durable si une politique d’intégration globale n’est pas menée en faveur de la jeunesse. Chaque investissement opéré pour leur prise en charge participe à l’essor de l’économie nationale. Une profonde réflexion sur la place de la formation et de la responsabilisation des jeunes dans la société s’impose à tout pouvoir démocratique. La reconnaissance par le mérite et les critères de compétence peut réaliser le renouvellement générationnel et mettre un terme à la mainmise du pays par la rotation des mêmes clientèles désuètes qui ont stérilisé la Nation.

Pour le RCD,  l’État doit dans l’immédiat :

  • Encourager le mouvement associatif des jeunes dans les domaines culturel, technique, scientifique, social et humanitaire, sportif et des loisirs.
  • Associer les jeunes activement dans les débats pour qu’ils ne soient plus des alibis aux slogans et à la manœuvre politique et puissent occuper la place qui leur revient dans la société.
  • Éliminer toute discrimination par l’âge pour l’accès aux emplois et responsabilités publics.
  • Encourager l’emploi des jeunes par les moyens fiscaux adéquats, la relance de grands projets, l’incitation au travail de la terre en consentant les soutiens nécessaires à une intégration durable du jeune dans l’agriculture.
  • Alléger le programme scolaire de tout contenu idéologique pour l’orienter vers la promotion du sens civique, la formation de la citoyenneté et le développement de l’esprit critique, l’autonomie de réflexion et la réalisation de soi.
  • Réintégrer les activités sportives et artistiques, composantes à part entière dans les programmes scolaires.
  • Intégrer la formation professionnelle dans un système général de formation et revaloriser le travail manuel.
  • Lancer la construction d’infrastructures et d’équipements culturels, sportifs et de loisirs dans l’ensemble du territoire national.
  • Parvenir à une durée modulable et courte du service national dont il convient de redéfinir la fonction et les objectifs qui lui sont assignés.
  • Ouvrir les frontières aux jeunes étrangers et favoriser les échanges et déplacements des jeunes Algériens à l’extérieur du pays pour leur permettre de mieux percevoir les évolutions du monde.

V- ÉCONOMIE


V.1-  Limites et dysfonctionnements

Dans le dessein de perpétuer une société de prédation, la colonisation avait volontairement laissé les populations indigènes dans l’ignorance et à la marge du progrès social.

Après la décolonisation, malgré quelques avancées éphémères, le déficit en formation de la société algérienne va restaurer, dans les mêmes formes, cette prédation. Elle sera le produit d’une perversion consciemment programmée pour organiser et renforcer la mainmise sur la société par une oligarchie.

Les importants surplus financiers que dégage l’économie nationale seront détournés de leur vocation de soutien au développement et à la cohésion nationale.

Ils seront destinés à :

  • octroyer de hauts revenus aux segments de la société détenteurs du pouvoir, ce qui leur permettra de perdurer;
  • entretenir d’importants sureffectifs dans les corps répressifs;
  • acquérir les équipements et l’armement nécessaires pour sécuriser le pouvoir;
  • rétribuer les sureffectifs dans l’administration;
  • soutenir les produits de large consommation, facteur de préservation du pouvoir d’achat;
  • accorder des privilèges à des firmes étrangères en échange de soutiens politiques extérieurs;
  • réprimer ou clientéliser toute organisation qui manifesterait des velléités d’opposition.

La mise en place de cette société de prédation va se structurer autour de trois axes :

  • En premier lieu, la limitation de l’investissement en formation pour réduire la capacité de contestation et de résistance de la société à cette mainmise. La demande en formation étant de nature politique, elle sera pervertie pour n’octroyer au lieu et place qu’un enseignement à contenu idéologique conservateur et au rabais sur le plan technologique.
    Au fil du temps, la proportion de PIB consacrée à la formation n’a fait que décroitre pour se situer officiellement du 7% de ce PIB. Néanmoins, les dépenses pédagogiques par apprenant, tous paliers confondus, sont de l’ordre de 3% des dépenses consenties dans les pays avancés. La recherche par exemple, absorbe en Algérie 0,16% du PIB par habitant, contre 3 et 3,5 % dans les pays nantis aux revenus 10 fois supérieurs. Le rapport est de 1 à 200 !;
  • En second lieu, la limitation de l’investissement en équipements matériels en raison d’une faiblesse des capacités de réalisation et d’une ponction grandissante au profit de la surconsommation des oligarchies.
    Le taux d’investissement oscille aujourd’hui autour de 20 % du PIB ; ce taux conjugué à un coefficient de capital de l’ordre de 5 en raison de lourds investissements en infrastructures permet tout juste un taux de croissance de l’économie de 4% ou moins, ce qui est largement insuffisant par rapport aux besoins ;
  • En troisième lieu, il s’agit de la limitation des salaires réels qui va se traduire par une baisse tendancielle de la productivité du travail.
    Alors que dans les pays développés ou même émergents, la masse salariale constitue 60% du PIB, ce ratio tombe à moins de 20% en Algérie ; relativement trois fois moins, ce qui indique un potentiel de surplus financiers de l’ordre des 2/3 du PIB. Plus de 100 milliards de dollars en 2011. Le volume est colossal. Dédié à la croissance, il autoriserait des taux supérieurs à 15% par an et aurait permis aujourd’hui d’être, au moins, au niveau de l’Espagne ou de la Corée du Sud.

À présent, et grâce au pétrole à 100 dollars le baril, le pays se trouve dans un équilibre métastable, fait d’une croissance inférieure à4%, d’un taux d’inflation de 4% également, d’un désendettement extérieur, d’un taux de chômage officiel avoué à 10%, d’un équilibre précaire des comptes extérieurs.

Mais quel crédit accorder à ces informations au vu d’un appareil statistique déficient en compétences et instrumentalisé pour maquiller la réalité. Dans les faits, un pétrole à 80 dollars le baril augmentera sensiblement les périls qui pèsent sur le pays. À 60 dollars, c’est littéralement tout le pays qui est assis sur un baril de poudre, même si les disponibilités du Fonds de Régulation des Réserves (FRR), le volume des réserves de change, les possibilités de recours au marché financier international peuvent encore permettre quelques libertés de manœuvre pour cinq ans au maximum.

Pourtant ces énormes potentialités, n’ont pas exclu des signes avant-coureurs d’une crise structurelle se manifestant continuellement sous forme de contestations larvées. Quelques rares actions d’assainissement ne peuvent compenser les blocages d’un management inopérant. Même la lutte contre la corruption est vécue comme une opération de déstabilisation de l’Etat.

Ces contre-performances, le pouvoir politique et ses clercs vont les attribuer non pas à la nature prédatrice du régime, mais tout simplement à des dysfonctionnements ou à des erreurs d’orientation dans les méthodes de gestion. Faute de vouloir et de pouvoir résoudre un problème, ils en changent l’énoncé. Le vrai, est que ni l’économie administrée, ni l’économie libéralisée, ni celle régulée n’ont été sérieusement testée, c’est l’économie de prédation qui se désarticule avant de s’effondrer. Toute solution qui ne combat pas la prédation est vouée à l’échec. Refusant délibérément cette remise en cause, les pouvoirs publics vont encore chercher un palliatif dans l’extension du volume de rente.

L’Algérie doit cesser de vivre en marge de la marche du monde ; cesser de remiser le nécessaire rattrapage des pays technologiquement avancés ; cesser d’évacuer l’indispensable mise en place d’une société de savoir.

Le seul dessein de réduire les facteurs d’instabilité est une manière fort dangereuse de différer les choix inéluctables qu’impose le progrès.

L’attentisme risque de faire sombrer irrémédiablement le pays dans le banditisme et la drogue, deux fléaux qui atteignent déjà des proportions alarmantes. D’ici peu de temps, ils auront une traduction politique parce que certaines zones deviendront des zones de non droit.

De même, le recours aux IDE ne peut constituer une panacée. Un modèle de type chinois va impliquer une augmentation des cadences de travail sans correspondance avec les rétributions. Ce modèle sera difficile à mettre en œuvre sans compter qu’il est loin de l’éthique que doit préserver toute nation avancée.

L’Algérie est face au mur. La croissance déjà molle est appelée à baisser encore parce que les moyens financiers à la disposition du développement iront en diminuant dans une économie de prédation.

Les temps sont à l’atonie générale et cela peut durer, sauf à effectuer les réformes de structure majeures et dans les meilleurs délais.

Un récent sondage confirme cette affaissement : 97% des Algériens n’adhèrent à aucun parti, 94% ne sont pas membres d’une association, 97% ne sont pas syndiqués, 92% ne sont pas membres d’une association sportive, 99% n’adhèrent à aucune association de développement local.

La réforme primordiale est celle qui consiste à affecter les surplus financiers du pays à une formation de qualité d’abord, à la hausse des salaires productifs ensuite et à l’investissement dans l’outil de production enfin. Seul un changement de régime permettra de prendre cette voie.

V.2-  L’alternative

Cette alternative implique des mesures dominantes dont certaines constituent des préalables :

V.2.1-  Les mesures préalables :

  • Sortir de l’économie de rente implique la réduction des dépenses de pouvoir à un niveau qui ne doit pas excéder les normes en vigueur dans les pays développés, soit moins de 4% du PIB, et appelle à la réduction du train de vie de l’Etat.
  • Reconvertir progressivement les effectifs dégagés de la fonction publique dans la production de biens et services en octroyant des facilités bancaires à tous les projets d’investissement.
  • Revalorisation des salaires productifs de manière à atteindre un pouvoir d’achat, au minimum égal à la moitié de celui en cours dans les pays développés.
  • Mise en place d’une institution d’Etat avec des experts, à même de dynamiser le développement par des conseils en matière de technologie aux entreprises publiques et privées et des encouragements financiers.
  • Engager un mégaprojet de formation de formateurs (instituteurs, professeurs…) portant à terme sur 500 000personnes, pour disposer d’un encadrement de qualité à même d’assurer la maitrise des technologies modernes.
  • Refondation des programmes de formation pour plus de rationalité dans le contenu et faire des langues anglaise et française des langues d’enseignement et non plus d’ouverture seulement.
  • Redynamiser la prospection minière et pétrolière, notamment dans le Grand Sud par des mesures fiscales en faveur des entreprises étrangères en vue d’améliorer davantage les capacités de financement du pays.
  • Réduire au maximum les déficits budgétaires, de façon à avoir des taux d’inflation inférieurs à 4%.

V.2.2-  Les mesures institutionnelles d’accompagnement :
Ces mesures s’inscrivent dans le choix d’un modèle de consommation moderne, tenant compte de la contrainte de la mondialisation et de l’émergence de nouvelles technologies qui exigent une grande qualification.

Le RCD fonde son action sur l’instauration d’une social-démocratie qui concilie économie de marché et justice sociale.

Ces mesures visent :

  • la liberté d’entreprendre ;
  • le pluralisme syndical ;
  • l’ouverture sur l’extérieur ;
  • le rôle régulateur de l’Etat en matière de grands équilibres économiques ;
  • la prise en charge par l’Etat de la protection sociale ;
  • la mise en œuvre d’une politique de décentralisation au niveau régional des décisions de gestion ;
  • la mise en place de mécanismes de solidarité interrégionale ;
  • la mise en place d’organismes socio-économiques autonomes pour la concertation entre partenaires sociaux.

V.2.3-  La promotion du développement :

 

Elle sera la résultante d’une priorité à octroyer aux secteurs générateurs de croissance qui sont basés sur la performance et la productivité.

  • Réviser la législation du travail pour intégrer l’indexation du SNMG au pouvoir d’achat et assurer une croissance de 2% au minimum par an des salaires réels des travailleurs.
  • Redéfinir le statut des terres dans une perspective de remembrement des propriétés foncières, d’une concession des terres par bail, avec préférence aux postulants ayant des compétences dans le domaine.
  • Exiger des bénéficiaires des concessions, comme du secteur privé agricole un volume d’emploi à l’hectare en fonction des  potentialités, agronomiques. Une fiscalité adaptée doit pouvoir atteindre cet objectif pour alléger le sous-emploi rural.
  • Ouvrir toutes les activités économiques aux capitaux privés. L’arsenal juridique doit être revu dans ce sens.
  • Ouvrir l’enseignement au secteur privé, notamment pour les universités et octroyer aux institutions de formation l’autonomie nécessaire pour répondre à la demande.
  • Mettre en place un mécanisme de prêts à taux d’intérêt bonifié pour les étudiants désireux d’améliorer leur qualification.
  • Rendre transparents et publics les comptes de toutes les entreprises économiques publiques, notamment Sonatrach et ses filiales ainsi que Sonelgaz, Assurances…
  • Octroyer des registres de commerce pour un seul produit pour favoriser la spécialisation.
  • Octroyer une autonomie à la Banque d’Algérie pour le maniement des flux monétaires.
  • Étendre le marché des valeurs mobilières pour rendre plus disponibles les capacités de financement du pays aujourd’hui sous-utilisées.

V.2.4-  La redynamisation de la participation citoyenne à l’effort de développement social.

Très longtemps, tous les segments de la société ont été contrôlés contre promesse  d’assistance, les privant ainsi de toute dynamique autonome, le RCD estime que de leur association à cette dynamique dépend le développement social et économique du pays.

Les messages les plus appropriés à leur endroit, sont les suivants :

  • aux travailleurs : augmentation des salaires et liberté syndicale sans entrave;
  • aux jeunes : diversification des possibilités de formation;
  • aux femmes : aucune discrimination sur le plan des rémunérations ou de l’accès à des postes de responsabilité;
  • aux agriculteurs : sécurité dans la propriété foncière, en priorité à ceux qui font montre d’une qualification et d’un dynamisme soutenu;
  • aux investisseurs : liberté d’investir et renforcement du marché des valeurs mobilières;
  • aux investisseurs étrangers : stabilité dans la législation régissant le domaine commercial;
  • aux étudiants : une formation selon les standards internationaux;
  • aux retraités : revalorisation des retraites pour leur assurer un train de vie décent;
  • aux sans-emploi : ouverture de centres de formation professionnelle avec gratuité de l’enseignement.

V.2.5-  Les secteurs prioritaires en matière économique :

La pression pour le développement est telle que des priorités doivent être dégagées pour les secteurs à redynamiser.

Faute de définir ces priorités, le déficit actuel en moyens techniques de réalisation rendra inopérant tout effort d’investissement, quand bien même les ressources financières sont disponibles. Une étude exhaustive pourrait déterminer ces secteurs; néanmoins, certains peuvent être mis en avant, parce que  renforçant l’intégration interne de l’appareil productif.

Il s’agit de :

  • l’intensification agricole;
  • l’industrie chimique et pétrochimique en aval des hydrocarbures;
  • les nouvelles technologies de l’information et de la communication,
  • l’industrie touristique;
  • l’augmentation du réseau routier;
  • les nouvelles énergies.

V.3- Le secteur agricole

Le secteur agricole présente aujourd’hui les caractéristiques suivantes :

  • une faiblesse des rendements;
  • une main d’œuvre sans qualification et très âgée;
  • une occupation des sols qui n’a pas beaucoup varié depuis la colonisation;
  • un mode opératoire extensif, c’est-à-dire privilégiant :
  • une main d’œuvre peu nombreuse et très peu qualifiée;
  • une sous-utilisation des techniques culturales avancées;
  • une réduction des intrants agricoles;
  • une orientation vers la satisfaction d’une demande solvable au lieu d’une consommation de masse.
  • le blé ne sera produit que si les prix sont soutenus;
  • le lait, les oléagineux et les cultures industrielles n’ont eu aucune priorité ;

Le résultat est que l’Algérie importe 75% des calories qu’elle consomme, mais l’agriculture procure d’importants revenus, notamment aux grands propriétaires terriens parce qu’il s’agit d’une « agriculture minière » qui valorise très peu le travail.

Une politique de sauvetage de l’agriculture devra nécessairement prendre en charge :

  • la privatisation des terres agricoles du domaine national;
  • l’institution d’un marché foncier par une loi d’orientation libéralisant l’activité agricole;
  • l’attribution des terres qui relèvent encore du domaine public à des gestionnaires choisis selon des critères de compétence;
  • le rétablissement d’une fiscalité pour les terres laissées en jachère ;
  • la mise en place d’une multitude « d’entreprise conseil agricole » pour déterminer les cultures les plus appropriés aux sols et les façons culturales les plus performantes;
  • la rétribution de ces entreprises se fera sous forme contractuelle avec le producteur;
  • la promulgation de dispositifs de soutien pour les productions prioritaires (lait, oléagineux, sucre, élevage, ovin…);
  • la revalorisation de la fonction d’ingénieur ou technicien supérieur agronome;
  • la multiplication des barrages et retenues collinaires, comme urgence stratégique nationale;
  • la mise en œuvre d’un programme de reforestation et en priorité dans les zones nord.

V.4-   Le tourisme

L’activité touristique est aujourd’hui la première industrie au monde. Pour situer l’écart qui sépare notre pays des autres nations, il est utile de rappeler quelques chiffres.

Au premier rang mondial, la France reçoit, depuis une dizaine d’années,  près de 80 millions de visiteurs par an. Les Iles Baléares entre 22 et 25 millions selon les années et le Maroc situe ses entrées à 11 millions.

L’Algérie, pratiquement absente des annonces des tours opérators depuis les années 1990, enregistre une légère remontée depuis le milieu des années 2000. Mais sur les chiffres annoncés, déjà faibles,  par les services des douanes et de la police, une bonne partie est constituée de binationaux, de travailleurs chinois et autres qu’il est difficile de classer dans la catégorie touristes.

Aujourd’hui, le tourisme balnéaire de masse qui nécessite des zones côtières aménagées et sécurisées  avec un personnel qualifié, nous est inaccessible. La qualité de l’offre de nos voisins nous disqualifie de facto.

Pour le RCD, aucune stratégie pour faire du pays une destination touristique ne peut se faire sans une politique claire d’ouverture sur l’extérieur,  une revalorisation de notre patrimoine culturel et historique dans ses multiples facettes et une vraie stratégie multisectorielle. À partir de là le grand sud, le parc archéologique et le tourisme de gîte pourraient constituer une niche où le pays ancrerait un début de politique touristique.

Sur un autre point, à savoir le tourisme intérieur, malgré une relative mobilité des Algériens apparue depuis les années 2000, la Tunisie et d’autres pays plus attractifs sont les destinations préférées des nationaux. Une politique touristique durable ne s’improvise pas. Elle affirme une volonté de vivre, d’exprimer et de présenter un pays. Le tourisme est, au-delà de son incidence économique certaine, la vitrine d’un projet de société.

VI-AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DEVELOPPEMENT DURABLE

VI.1-   Enjeux et constat

Le développement durable s’intègre dans la politique de  l’aménagement du territoire pour mieux appréhender les problématiques sociales, économiques et environnementales des populations.

L’identification des territoires s’appuyant sur des données géographiques, sociologiques, culturelles et économiques permet la recherche de  l’équilibre entre le développement urbain et rural dans une répartition des hommes et des activités; étant entendu que le territoire est une synthèse entre les données du terrain et les contingences de l’histoire. L’objectif de cette identification prend en compte la complémentarité entre les territoires et la recherche de leur attractivité.

Cela procède de la volonté de ne pas laisser les seuls mécanismes économiques comme arguments de la décision, notamment en ce qui concerne la localisation des activités, les problèmes d’urbanisation et la lutte contre la désertification.

Notre pays vit une double concentration de la population. D’une part sur la frange littorale au nord du pays en général, 10% du territoire, de surcroit caractérisé par une forte sismicité, accueille près de 90% de la population ; d’autre part, la concentration démographique croissante dans les villes et leurs périphéries. Cette situation  accentue de fait la progression de la désertification et fragilise la cohésion nationale.

Le réchauffement climatique qui est déjà constaté dans tous les pays de l’Afrique du Nord nous met devant un autre défi. L’impératif de l’adaptation à ses impacts nécessite l’élaboration d’une réponse qui anticipe l’élévation de la température, la  rareté de l’eau et une plus grande fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes. L’appréhension du  développement économique et social au cœur duquel se trouve la question de l’énergie, l’agriculture, le développement urbain, le  logement,  le transport et la préservation de la biodiversité sont les domaines qu’il faudra revisiter.

Les découpages administratifs opérés successivement par un pouvoir inspiré par le centralisme français pour contrôler la société ont généré déséquilibres dans le développement, exode rural, dilapidation des ressources et une bureaucratie paralysante pour l’activité économique et handicapante pour la vie sociale en général.

VI.2-   Les propositions du RCD

Toute politique d’aménagement du territoire et de développement durable doit s’articuler sur une approche du découpage administratif basée sur la Région comme matrice de démocratisation, d’efficacité et d’émulation. L’Algérie est un pays-continent, la diversité et l’originalité de chacun des éléments physiques, humains, économiques doivent cesser d’être arbitrairement étouffées pour constituer des facteurs de dynamisme et de prospérité de la nation.

La régionalisation offre le moyen de promouvoir la gouvernance. Elle doit accélérer le développement et les rattrapages nécessaires pour atténuer les déséquilibres territoriaux et assurer une équité sociale dont la négation est source de dangers pour l’unité du pays en plus d’être moralement inacceptable.

Toute politique de développement durable passe nécessairement par un redécoupage administratif novateur et la mise en œuvre de nouvelles politiques urbanistique, démographique, hydraulique, énergétique et environnementale.

VI.2.1- Un redécoupage administratif pour le renouveau national

VI.2.1.1- Le redécoupage de l’espace algérien 

L’aménagement du territoire est au cœur de toute politique de régionalisation. Le découpage en régions de l’espace national, au-delà de son aspect technique, engage inéluctablement l’avenir des groupements humains vivant sur les espaces ainsi identifiés. Si le déterminant principal demeure la viabilité économique du territoire nouvellement défini, d’autres considérants ne sont pas négligeables pour autant ; éléments historiques, socioculturels, ensembles géographiques homogènes, structurant des rapports à l’espace, un vécu, des identités…

Pour des raisons historiques et symboliques évidentes renvoyant à la révolution, les schémas originel des wilayate historiques est une référence qui, actualisée et adaptée aux nouvelles conjonctures constitue un cadre de réflexion dont il convient de remanier les contours, d’affiner la portée pour mieux appréhender les nécessités de l’heure (économiques, socio-historiques ou géographiques).

VI.2.1.2-  Le découpage proposé

            1-  Les grandes régions économiques

  • REGION I

Wilaya I (Les Aurès) : elle marque de façon massive et prégnante la partie méridionale de l’ancien Constantine. La région associe des paysages d’une grande diversité : hauts plateaux arides que cisaillent des gorges profondes (lits d’oueds) aux écoulements parfois pérennes ou plus simplement troués de cuvettes d’eaux salées. Il y a des massifs (mont du Tandra, du Belezma, de l’Aurès, des Nememchas), montagnes relativement arrosées sur les versants d’exposition Nord. Ces versants dominent des dépressions, chotts et palmeraies sahariens au sud. Son unité tient d’une société profondément agraire, dont les membres ont développé des liens d’une grande solidarité au niveau communautaire tant dans le pays que dans l’émigration.

  • LA REGION II

La wilaya II (le nord constantinois) : Elle s’étend sur un espace plus petit que la première; elle abrite la capitale régionale (Constantine). Des villes côtières, Annaba et Skikda au tissu industriel et urbain conséquent lui garantissent une certaine prospérité, tandis que les hauts plateaux de Sétif à Guelma mais aussi les hautes plaines constantinoises céréalières lui assurent un approvisionnement régulier en produits agricoles de large consommation. Les monts d’El Kala, de l’Edough et l’immensité forestière de Taref lui offrent une pluviométrie importante.

  • LA REGION III

La wilaya III (Kabylie) : géographiquement, la wilaya III historique s’étendait de Boumerdes à Aokas. Limitée au nord par la méditerranée, elle inclut, à l’est, des territoires rattachés aujourd’hui à la wilaya de Sétif et de Bordj Bou Arreridj. Elle est bordée au sud-ouest par les espaces de Bouira, Sour-El-Ghozlane et le finage de Boussaâda.

La Kabylie ci-dessus désignée est en fait un bloc de montagnes escarpées, disséquées par des rivières et cours d’eau d’importance variable qui se fondent au sud dans la partie méridionale du centre des hauts plateaux. La région possède une grande homogénéité culturelle que les traditions migratoires anciennes n’ont pas altérée.

  • LA REGION IV

(L’Algérois) : elle comporte des espaces très marqués par la colonisation (vastes fermes coloniales et noyaux urbains fort développés), où l’agglomération algéroise se singularise, autant d’ailleurs que la plaine de la Mitidja et celle, plus vaste, de Chélif qui ont bénéficié de grands travaux de mise en valeur. Ensembles séparés par des alignements montagneux aux altitudes relativement modestes (Monts de Blida et du Dahra, massif de l’Ouarsenis), la richesse agricole de ses terroirs (envahis malheureusement de nos jours par le béton et l’urbanisation effrénée), la densité du peuplement, du tissu urbain autant qu’industriel lui confèrent bien des atouts. Une région qui peut à terme constituer une véritable locomotive en matière de développement pour les régions périphériques.

Cette région doit être subdivisée en trois régions économiques ; le Grand Alger, le Titteri au centre sud et le Chelif qui s’étend à partir du versant ouest des monts de Blida.

Alger : capitale du pays, Alger est par essence une métropole multiculturelle où cohabitent les langues arabe, amazigh et française de façon harmonieuse et intelligente.
Reconnue zone autonome durant la guerre de libération nationale et recouvrant l’ensemble du  périmètre aggloméré du Grand Alger, la capitale doit être érigée en métropole dotée d’un statut spécifique.

  • REGION V (Le Titteri)

Recouvrant globalement l’ancien département du Titteri, cette région se situe au centre-sud de la capitale et va au-delà des monts de Blida. Elle doit intégrer dans son finage tout le territoire du Titteri et les riches terroirs de Médéa.

  • REGION VI  (Le Cheliff : espace wilayal Chlef et Aïn Defla)

À lui seul, cet espace grand comme la Belgique, peut constituer une région qu’il faut  dissocier de l’espace régional de l’Oranie. Une région au fort potentiel agricole, mais également pourvue d’un réseau urbain appréciable et un tissu industriel, pour l’heure timoré, qu’il convient d’étoffer dans le cadre de la prospection minière et de l’exploitation forestière.

  • REGION VII

La wilaya V (Oranie) : c’est l’une des plus vastes wilayate historiques. Elle recouvre entièrement l’un des3 départements historiques de la période coloniale. Elle associe dans son fixage des paysages variés : des bassins intérieurs et des plaines littorales aux terroirs très riches, des hautes plaines au régime semi-aride, voire aride, terres de prédilection de l’élevage ; des Monts de Tlemcen, ceux de Traras, Ksour, Saida, Frenda. Des montagnes disposées du Nord au Sud en bandes plus ou moins parallèles.

Des hautes plaines arides couvertes d’une steppe d’alfa et chaînons élevés un peu plus arrosés de L’Atlas saharien (monts des Ksours et Djebel Amour), elle associe des portions d’espaces désertiques qui doivent être restitués aux futures régions identifiées. Les opérations de mise en valeur engagées initialement par la colonisation (la vocation agricole affirmée), le tissu urbain et industriel conséquents dont dispose cette région lui confère un potentiel de développement sans égal. Des ports importants, Oran, Arzew, Mostaganem, sont autant d’infrastructures à même d’assurer des échanges commerciaux d’importance dans une stratégie économique performante.

  • REGION VIII

Wilaya VI (Sud) : elle occupe un vaste espace au sud de l’Atlas saharien dans sa partie orientale et aux confins des Aurès. Espace désertique par excellence à l’exception de quelques terrains de parcours et d’une activité artisanale à l’intérieur des rares côtes de verdure et de vie que constituent les Oasis. Les pouvoirs publics doivent accorder le plus grand intérêt pour cette région aux fins d’y combler les déficits en matière de développement.

  • REGION IX (La Saoura)

Une région incluant Tindouf et s’étendant sur l’Erg Iguidi. Des raisons de stratégie géographique, mais également d’activité économique (industrie, artisanat et tourisme) et un peu agricole nécessite la mise en œuvre d’une politique volontariste de développement de cette région.

  • REGION X (Le Touat – Gourara)

Une région à fort caractère identitaire disposant d’un patrimoine architectural, préhistorique, historique riche, une activité agricole affirmée et des potentialités touristiques avérées. Une zone s’étendant sur les errements dunaires du Grand Erg occidental et Erg Echech et du plateau du Tadmaït, des espaces rayonnant autour de l’agglomération d’Adrar, ville de commandement par excellence autour du triumvirat (Timmimoun – El Goléa -Reggane). L’assiette chevauche en fait les espaces des wilayate historiques V et VI.

  • REGION XI (Le Grand Erg Oriental)

La région du grand Erg Oriental avec pour capitale régionale Ouargla. Son espace englobant en partie la Hammamda de Tinghert qui se prolonge en Libye. Espace désertique avec quelques rares ilots de végétation au niveau des oasis, dont la plus importante, celle de Touggourt se trouve aux confins nord-est de son espace.
Le riche gisement en hydrocarbure de Hassi Messaoud et du noyau urbain qui s’y développe ont été des garants d’un développement inégal de cette région qui reste fortement amoindrie en matière d’infrastructures.

  • REGIONXII (La région de l’Ahaggar)

Région qui comptera pour capitale, la légendaire Tamanrasset au riche passé historique. Espace incluant les gisements non négligeables d’In Amenas au Nord de ses limites Orientales. Les formes dépressionnaires du Tidikelt constituent une frontière naturelle la séparant du Touat-Gourara précédemment identifié. Le Tassili n’Ajjer et le Tassili Ahaggar aux confins du Sud du pays, limites frontalières avec le Niger, constituant les autres délimitations de cette région.

Une homogénéité culturelle confère à cet espace une identité séculaire, inaltérée. Un patrimoine protohistorique, faunistique et, au-delà, une position latitudinale géographique d’une importance majeure. Autant d’atouts qui peuvent arrimer la région à une dynamique de développement dans un pouvoir décentralisé.

            2-  LES REGIONS PROVINCES

A ces cinq nouvelles grandes régions identifiées, il convient de rajouter trois (03) régions naturelles (ou provinces), qui émergent soit par leur identité, soit leur homogénéité historique, géographique, socioculturelle et cultuelle. L’altérité est un gage d’ouverture et de tolérance. A chaque fois qu’une nation prend en charge une spécificité territoriale, communautaire, sociale ou culturelle, elle se prémunit des raccourcis, des caricatures et des nivellements hégémoniques et, ce faisant, enracine en son sein la culture démocratique.

1- La région du Mzab

Une zone naturelle qui fondera son développement autour de Ghardaia, une capitale très active et rayonnante tout autour de sa pentapole (Mélika – Bounoura – BeniIsguen – El Atteuf). Une vallée où l’activité industrielle, artisanale, commerce, agriculture et tourisme peuvent constituer des éléments moteurs dans le développement de la région.

2- Le Souf

La ville aux mille coupoles, El Oued, la bien nommée, une cité et une Oasis au riche passé historique, une région à la réputation commerçante affirmée, avec des identifiants cultuels et cultuels avérés. Le dynamisme de sa population dans le domaine du négoce à lui seul constitue un atout indéniable. L’homogénéité socioculturelle de sa population est un fait remarquable qui justifie son autonomisation.

3- La Saoura (Région provinciale potentielle)

Autour de la capitale Bechar, et la multitude d’Oasis et le périmètre agricole d’Abadla en sus des gisements miniers qui se trouvent dans son espace peuvent déterminer la mise en œuvre d’un projet de développement spécifique pour cette région naturelle.

V.2.1.3-Conclusion

Ce découpage est fondé essentiellement sur des contingences historiques, socio-économiques, culturelles et géographiques que sous-tendent des éléments de biogéographie qui déterminent la viabilité des ensembles régionaux identifiés comme tels.

La problématique renvoie à la nécessité de bâtir un édifice institutionnel et économique cohérent, stable et performant qui appelle la promotion d’une régionalisation avant-gardiste, quelques soient les contours, la dénomination ou les référents. Une régionalisation qui prend en considération les fondements et les réalités de l’espace géographique où se projette la société, les exprime avec l’ensemble de leurs valeurs, dans leurs dimensions et leur diversité culturelle, cultuelle, historique et spatiale considérant que la diversité est toujours source de richesse.

Plus près de nous, le continent africain,  déchiré par les frontières aux cordeaux de la colonisation, des propositions institutionnelles réconciliant les peuples et les communautés avec leur histoire sont en cours d’élaboration et, pour certaines, en voie d’application.

De petits pays comme l’Allemagne et d’autres d’étendue plus modeste comme la Suisse, modèles s’il en est en matière de développement et de bonne gouvernance, disposent, pour le premier de seize (16) länder, de sept grandes régions et 26 cantons et demi-cantons pour le second ?

VII.2.2-   La politique d’urbanisation

La pression démographique sur les villes, résultat d’une absence de politique d’urbanisation, s’est dangereusement accélérée dans le années 90. Les populations isolées ont fui le terrorisme pour se réfugier dans les centres urbains mieux protégés.  En bute à des problèmes de salubrité, de congestion et de d’insuffisance d’espaces récréatifs et culturels, nos villes ont perdu leur attractivité.

La misère dans nos villes aggravée par la dégradation du cadre de vie et des équipements ; l’exclusion sociale et la violence urbaine, a abouti au délestage des valeurs socioculturelles et de convivialité pour laisser place à l’incivilité  et aux comportements antisociaux.

Il convient de souligner que la mise à niveau et la modernisation des centres urbains et des villes en général est un facteur important de diffusion des valeurs de la modernité et de la citoyenneté. Il est urgent de rétablir la ville dans sa dimension fonctionnelle. Le renouveau urbain est conditionné par la mise en œuvre d’une politique saine de la ville, fondée sur l’exercice avérée d’une démocratie participative, une gestion concertée entre les élus, l’administration et la société civile et une dynamique dans le développement local.

VII.2.3-   La démographie  

Les conséquences d’un très fort taux de croissance démographique pendant presque 03décennies (plus de 3%) sont loin d’être résorbées. De plus le ralentissement observé dans les années 90 et eu début des années 2000 est remis en cause selon toutes les données officielles. Il est à craindre que la poursuite de l’explosion urbaine, notamment,  dans la bande littorale n’affecte durablement les terres agricoles et  la qualité des sols  et démultiplie les effets des risques naturels (séismes, inondations, canicules..) et industriels. D’autre part, des points de  croissance économique nécessaires  pour résorber le chômage et la précarité se dilueront immanquablement dans l’augmentation de la population générale. Il est impératif de mener un politique vigoureuse avec tous les moyens nécessaires pour  stabiliser  la démographie à des niveaux qui n’hypothèquent pas les efforts de développement.

VII.2.4-   L’eau

De plus en plus rare, en raison de l’explosion démographique, des besoins de l’agriculture, de   l’industrie et l’urbanisation auxquels s’ajoute la chute du niveau des précipitations, la disponibilité par habitant est à peine de 600 m3/an au lieu des 1000m3, minima internationale. L’Algérie compte parmi les  pays sur lesquels pèse une grande menace du stress hydrique en conséquence du réchauffement climatique observé et projeté  sur toute l’Afrique du nord.

L’eau risque de constituer pour le pays une question de sécurité nationale. En plus de la construction de barrages et de retenues collinaires, le RCD estime qu’une politique vigoureuse de gestion de la demande et du recyclage pour les besoins de l’agriculture et de la recharge des nappes phréatiques est incontournable. La lutte contre toute forme de gaspillage de cette ressource doit être permanente, elle passe surtout par une politique de sensibilisation et d’éducation relayée par l’école, les médias…

Le risque d’aggravation du réchauffement climatique dicte une réévaluation de l’opportunité de favoriser certaines cultures sur d’autres en raison de la consommation de l’eau.

VII.2.5-   L’énergie

L’énergie est au cœur du développement économique et de la modernité.  Parmi les pays les mieux lotis en pétrole et en gaz, l’Algérie a succombé au schéma d’un pays rentier à cause d’un système politique fermé et qui a construit son hégémonie sur l’accaparation et le contrôle de cette richesse. Cinquante ans après l’indépendance, le pays dépend à 98% des exportations du pétrole et du gaz.

L’explosion de la demande mondiale en énergie et l’impératif de réduire la consommation des énergies fossiles à cause des risques climatiques mettent au centre la recherche d’énergies de substitution moins polluantes.  A ce stade et, parmi toutes les formes d’énergies propres, tout milite pour un accroissement considérable du solaire dans la consommation mondiale. L’Algérie dispose d’un des plus grands gisements solaires au monde qu’il convient d’exploiter.

Le RCD considère que tout retard pour investir dans la production de cette énergie risque d’hypothéquer la mise en place d’une véritable industrie pourvoyeuse de richesses et d’emplois, en plus de l’accélération de l’épuisement des gisements des énergies conventionnelles.

VII.2.6-   La désertification

Pour l’Algérie, la désertification est une menace réelle. La cause naturelle principale est la sécheresse avec d’autre causes anthropiques  qui sont la démographie, les sur pâturages, le défrichement des parcours principalement. Les politiques économiques d’ensemble ne sont pas neutres. Sur les 38 millions d’hectare du Nord du pays, 20 sont occupés par la steppe. Une lourde menace pèse sur cet espace. La baisse des précipitations est singularisée par la montée croissante de l’isohyète (une ligne est-ouest constituée par les points de pluviométrie annuelle égale à 100 mm) 100 vers le Nord du pays.

Les actions à mener pour la lutte contre la désertification et la remise en valeur des terres dégradées sont multiples. La gestion de la végétation naturelle, la  mise en œuvre de système d’agro foresterie et de systèmes dylvo-pastoraux, le boisement, l’implantation de rideaux, abris et de brise-vent (pour la fixation des dunes), la création de parcs nationaux (protection et valorisation du patrimoine génétique, animal et végétal)  et aménagement de bassins versants sont incontournables.

VII.2.7-   La forêt

La forêt et le couvert forestier d’une manière générale constitue à elle seule un écosystème majeur. Il convient de lui consacrer davantage d’intérêt. Son interaction, son rôle sur les autres écosystèmes est fondamental. Les incendies affectent chaque année une moyenne de 20 000 hectares.

Il y a lieu à la fois de mener une action  pour la prévention et un reboisement planifié et tenant compte des changements de climat qui l’affecteront

VII.2.8-  La protection de l’environnement

Des menaces globales pèsent sur l’environnement. Aux facteurs traditionnels tels que le développement de l’industrie, l’urbanisation, l’utilisation des produits chimiques dans l’agriculture, s’ajoute les impacts liés aux changements climatiques.

Le RCD constate que les questions environnementales sont traitées comme des manifestations médiatiques loin de la réflexion et de la nécessaire élaboration d’une stratégie énonçant les règles applicables pour tous les secteurs de la vie économique.

Le RCD considère que la création d’un ministère chargé exclusivement des questions environnementales doté de moyens et de prérogatives est une décision incontournable. Les objectifs  visés sont :

  • Mettre aux normes internationales la gestion des déchets ménagers, notamment urbains ;
  • Traiter les eaux usées et des rejets industriels par les stations d’épuration avant toute évacuation;
  • Assurer la protection des écosystèmes et de la biodiversité ;

Définir des instruments pour intégrer, superviser et contrôler la mise en place des mesures inhérentes à la gestion des risques, à l’anticipation des impacts du réchauffement climatique, y compris l’élévation du niveau de la mer.

Initier et participer à l’élaboration d’un large programme de sensibilisation qui prend appui sur les programmes scolaires et éducatifs pour appréhender les questions environnementales sous le double aspect de l’amélioration du cadre de vie et de la gestion rationnelle des ressources naturelles.

VII-LA COMMUNAUTÉ NATIONALE A L’ÉTRANGER

Dès sa création, le RCD a pris des positions sur l’émigration qui tranchent avec le traitement que lui a réservé le système du parti unique. D’abord en posant un principe général :

Les citoyens algériens résidant à l’étranger ne sont pas des Algériens de seconde zone, mais des citoyens à part entière qui, tout au long, de l’édification du pays n’ont jamais fui leurs responsabilités.

Née d’une situation historique particulière, l’émigration a été une cheville ouvrière dans la lutte pour le recouvrement de l’indépendance nationale et, par la suite, les luttes démocratiques dans l’après-guerre.

Fenêtre ouverte sur le monde, elle constitue un formidable potentiel de compétences qu’il serait criminel de ne pas associer au développement du pays.

A cet effet,  le RCD s’est battu – et a obtenu-que l’émigration soit représentée directement à l’Assemblée nationale, comme elle l’a été au sein des instances dirigeantes dans le combat de libération nationale.

Durablement installée dans les pays d’accueil, bénéficiant en partie de la bi-nationalité, l’émigration nécessite une politique audacieuse qui préserve ses liens avec l’Algérie pour lui permettre de participer pleinement au développement national. La bi-nationalité est un fait historique et social qu’il convient de féconder et transformer en passerelle entre les peuples au lieu de la diaboliser comme le fait, de manière primaire et réductrice, le discours nationalo-populiste.

Le RCD préconise les mesures suivantes :

  • le respect effectif des droits et intérêts des Algériennes et Algériens installés à l’étranger et la reconnaissance de leur citoyenneté pleine et entière ;
  • la mise en œuvre de mécanismes institutionnels qui permettent à la communauté scientifique installée à l’étranger de participer à la promotion de l’université algérienne ;
  • la mise en place d’une politique fiscale adaptée et la levée des entraves administratives à même de favoriser l’épargne et le transfert des capitaux des opérateurs émigrés ;
  • l’instruction des représentations diplomatiques nationales pour informer les opérateurs expatriés de toutes les opportunités économiques nationales ;
  • l’encouragement, notamment par des subventions, de l’action du mouvement associatif autonome de la communauté émigrée et la facilitation des échanges et jumelages avec l’Algérie ;
  • la création, à l’étranger, d’une banque mixte entre l’Etat algérien et des opérateurs émigrés pour faire fructifier l’épargne de l’émigration ;
  • la mise en œuvre d’une politique culturelle à l’étranger qui permette l’intégration et l’accomplissement de la communauté émigrée par rapport à sa culture d’origine ;
  • la lutte contre les discriminations et les nouvelles formes de stigmatisation que subit la communauté nationale favorisées, il est vrai, par l’indifférence voire le mépris du pouvoir algérien à l’endroit de ses ressortissants ;
  • négociation d’un accord qui prend en charge dans le domaine social les intérêts de notre communauté établie au Canada ;
  • ouverture de l’espace aérien à la concurrence dans le but de niveler les prix ;
  • mise en place d’un fonds étatique destiné au rapatriement des dépouilles mortelles ;
  • prise en charge effective de la protection consulaire notamment pour les personnes fragilisées par leur situation administrative ;
  • mise à l’abri des marchandages politiques les accords bilatéraux favorables à notre communauté ;
  • encouragement des opérations de jumelages institutionnelles et associatives et promotion des échanges et partenariats culturels.

Enfin, et s’agissant de la concentration de notre émigration en France et l’exode récent des cadres vers de nouveaux horizons –particulièrement le Canada- l’Etat doit intégrer la donnée émigration dans la gestion de ses relations internationales avec ces deux pays d’accueil.

VIII-LA SÉCURITÉ NATIONALE

Les transformations mondiales en cours depuis une décade (NTIC, internationalisation du terrorisme, globalisation de l’économie) commandent désormais de parler de sécurité nationale pour pouvoir englober la défense nationale, la protection de l’économie et la lutte contre les nouvelles menaces (cybercriminalité, grand banditisme, terrorisme…) et autres catastrophes naturelles.

VIII.1-  L’absence de stratégie

Préoccupé par le seul désir de pérenniser un régime moribond, le pouvoir a délaissé l’impératif de la mise en œuvre d’une stratégie de sécurité nationale comme le prouvent la gestion politique aléatoire du terrorisme, les inondations de Bab El Oued et Ghardaïa, les séismes de Ain Témouchent et de Boumerdés, les récurrents feux de forêt, les intempéries que subissent les régions de l’intérieur ainsi que certaines mini catastrophes industrielles (Arzew,Skikda).

VIII.2-   L’interdépendance des problématiques

Pour le RCD, la sécurité nationale ne saurait être isolée de l’état général de la société de la nature de l’Etat, de notre position géographique et des enjeux stratégiques qu’impliquent nos intérêts nationaux bien compris. Une telle problématique ne peut être prise en charge que par une société et un Etat profondément réformés pour les insérer dans la voie de la rationalité et de la démocratie et dans une stratégie de développement cohérente et moderne. La situation exige également la révision et l’adaptation du dispositif législatif en la matière.

VIII.3-   La nouvelle économie

L’économie est un secteur déterminant de la sécurité nationale. La maîtrise des circuits et techniques d’information et de communication, le savoir-faire technologique et scientifique, l’anticipation, la prévention et l’opérationnalité sont des paramètres importants de la sécurité nationale.

VIII.4-   L’immigration

Terre d’émigration historique, l’Algérie, tout en gardant cette caractéristique, est désormais une terre de transit et de destination. La position géographique de l’Algérie entre l’Afrique pourvoyeur de populations migratoires et l’Europe contrée de leur destination, pose, aussi, un problème de sécurité nationale sachant que les prévisions internationales s’attendent à l’arrivée, dans les 20prochaines années, en territoire algérien, de 30 millions de migrants d’Afrique subsaharienne.

L’immensité du territoire national et de ses frontières sud notamment interpelle les pouvoirs publics et appelle à la mise en place de mécanismes de contrôle humains en collaboration avec les pays du pourtour saharien et de l’U.E. La politique de développement solidaire de l’espace péri saharien est une des solutions à une gestion prévisible des flux migratoires.

VIII.5-   La criminalité

La grande criminalité, jusqu’ici peu connue en Algérie, tend à se développer comme en témoignent des attaques à main armée, des saisies importantes de drogue, des kidnappings, des opérations de blanchiment d’argent, l’ampleur des fuites de capitaux et surtout une corruption endémique.

VIII.6-   L’armée

L’armée doit se désengager définitivement des jeux et enjeux politiques pour se consacrer à sa modernisation et à l’élévation de son niveau opérationnel en vue de devenir une armée de métier au service exclusif de la République.
Les critères de compétence et de loyauté envers la République et la Nation déterminent l’organisation et le fonctionnement de l’armée.
La mission de l’armée est la défense du territoire et des frontières nationales. Cette vision implique la dissolution du DRS et la mise de toutes les structures de renseignement, militaires ou civiles, sous le contrôle du pouvoir civil démocratiquement élu.

Dans l’Etat unitaire régionalisé que prône le RCD, l’armée relève de l’Etat central. Pérennisé dans le cadre d’une stratégie de défense populaire, l’instauration du service national doit être revue à la fois dans ses missions civiles et militaires et dans sa durée qui doit être ramenée à 4 mois pour le soldat et 6mois pour l’officier de réserve.

IX- L’ALGERIE DANS LE MONDE

Cinquante ans après l’indépendance, l’Algérie a perdu l’aura héritée de la guerre d’indépendance. À force de confusion politique et idéologique marquée par une démarche officielle instable, le pays est perçu au mieux comme un marché où se déversent toutes sortes de marchandises, au pire, comme un territoire où existent plusieurs zones potentielles d’insécurité.

Surfant sur l’instrumentalisation de la lutte contre le terrorisme, le régime algérien campe, par ailleurs, sur des positions rétrogrades et rame à contre-courant de la marche de l’Histoire.

Incapable de rayonner sur les plans culturel et scientifique malgré une Histoire millénaire et ses ressources humaines, le pays n’est approché aujourd’hui que pour ses moyens financiers et la propension de ses dirigeants à mener des politiques qui négocient les soutiens contre des marchandages stratégiques lourds de conséquences.

IX.1-Démocratie et paix internationale

Hormis le soutien aux mouvements de libération nationale et la défense, par le passé, exécuté dans la perspective d’une nécessaire refondation équitable des relations et échanges internationaux, la politique étrangère de l’Algérie est le reflet de la politique de verrouillage et de répression multiforme en cours à l’intérieur. La démarche diplomatique du régime est dominée par la recherche permanente de protections internationales à coup de concessions politiques et économiques qui hypothèquent la souveraineté nationale. La non-ingérence dans les affaires d’autres Etats cache souvent une solidarité avec des dictatures. Position réitérée en Afrique (Soudan, Côte d’Ivoire, Libye, Egypte) et au Moyen-Orient (Syrie, Yémen). La préservation de l’emprise bureaucratique sur la gestion de la rente pétrolière, sous couvert de nationalisme, souligne le caractère népotique et prédateur du régime.

Dans un monde globalisé et profondément reconfiguré par une uni-polarité durable, le RCD réaffirme que c’est de la légitimité du pouvoir national que dépend la crédibilité de sa diplomatie.

En matière de politique internationale, le RCD milite pour que l’intérêt national soit le fil conducteur de la diplomatie algérienne. À ce titre, le RCD repense la carte de la représentation diplomatique de notre pays en fonction des exigences de notre politique étrangère et de nos relations économiques.

Le RCD considère que le droit des peuples à disposer d’eux même est un fondement essentiel de la paix dans le monde.

Pour le RCD, l’histoire, la communauté de destin de l’humanité ainsi que la nécessité vitale de préserver le milieu naturel commandent un développement économique solidaire entre le Nord et le Sud de la planète.

Le RCD milite pour le désarmement généralisé à travers l’éradication des armes de destruction massive, notamment les armes nucléaires, biologiques et chimiques, par la mise en place de larges zones dénucléarisées.

Le RCD considère que tous les peuples sont éligibles à la démocratie qui n’est pas un luxe de riche. La régression et l’autoritarisme ne sont pas des fatalités dans les sociétés de religion musulmane.

IX.2-Lesous-continent nord-africain

La globalisation conduit inévitablement à la construction de grands ensembles régionaux. L’Algérie n’a pas d’autre choix que de s’intégrer dans son ensemble naturel : l’Afrique du Nord, un existant historique annoncé par « l’Etoile nord-africaine », largement consacré par la plate-forme de la Soummam et réitéré par la Conférence de Tanger en 1958 qui faisait de la fédération du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie, un objectif immédiat parachevant leurs indépendances respectives.

Aberration conceptuelle et instrument politicien, l’UMA ne cesse de naître et de mourir par la faute de pouvoirs emmurés dans leurs crises de régimes. Conçue sur le modèle d’un syndicat de chefs d’Etat, elle vit selon les humeurs et intérêts étroits des dirigeants.

Les échecs passés doivent permettre de repenser l’avenir en termes d’identification de l’espace et de contenu du projet nord-africain. L’apurement du contentieux algéro-marocain, notamment le bornage des frontières, est vital pour les deux pays qui doivent laisser le conflit du Sahara Occidental trouver sa solution dans le cadre de l’ONU.

La politique d’intégration nord-africaine doit être pragmatique et centrée sur des projets concrets et gérables, en particulier dans le domaine de l’économie. Les trois Etats doivent encourager leurs sociétés civiles et leurs opérateurs économiques à conclure des partenariats mutuellement profitables. A titre d’exemple, les primes d’assurance des trois flottes aériennes civiles seraient considérablement réduites si elles étaient contractées solidairement.

En déléguant progressivement des segments de leur souveraineté, les Etats-nations permettront l’émergence d’une Afrique du Nord fédérale où les régions seront un ferment décisif pour le développement. La longueur de sa côte, sa position géographique, font de l’Afrique du Nord le point d’articulation entre l’Europe et l’Afrique d’une part, l’Europe et l’Orient, d’autre part.

La libre circulation des personnes, des biens et des capitaux permettrait d’élargir le marché et de spécialiser les régions naturelles désormais structurées et émancipées.

Cette fédération peut alors négocier dans de meilleures conditions avec les organisations financières ou commerciales internationales (FMI, OMC, BM) des projets qui dépassent, aujourd’hui, les capacités d’une nation et qui pourraient alors voir le jour pour diminuer progressivement notre dépendance extérieure.

IX.3-  La communauté des Etats péri sahariens

Possédant des frontières avec tous les Etats péri-sahariens, l’Algérie a des obligations et des droits importants dans cette région. Notre pays doit faire de cette frontière un lien de coopération, de paix et de prospérité en œuvrant, dans la concertation et la cogestion de cet espace intégrateur, à stabiliser, par le développement, les populations de ces contrées.

Le RCD préconise la création d’une communauté des Etats péri-sahariens (CEPS) où seront élaborés des projets solidaires touchant à l’environnement, l’économie, la sécurité, la culture et les questions migratoires.

La réactivation et la réalisation du vieux projet de route transsaharienne est un facteur déterminant pour ce projet.

IX.4-  L’Europe et les puissances industrielles

L’Algérie jouit d’une position géographique exceptionnellement favorable face à l’une des zones économiques les plus importantes dans le monde. Dans cet environnement, la France, l’Espagne et l’Italie sont aussi nos plus importants partenaires économiques. La Méditerranée occidentale regroupe des pays européens importants avec les Etats nord-africains qui ont tous des accords d’association avec l’Union Européenne. Bassin naturel, cette construction peut constituer, à très court terme, un sous ensemble économiquement fécond.

Lieu de passage du phénomène migratoire en direction de l’Europe et elle-même touchée par ce problème, l’Algérie doit être associée pleinement dans les politiques d’aide au développement voté par l’UE pour stabiliser les flux migratoires.

Outre l’Europe, la diplomatie algérienne a vocation à prospecter et développer des relations fondées sur la coopération équitable avec les puissances industrielles, notamment les USA, le Canada et le Japon.

IX.5-   La Méditerranée

Berceau du monde et de la civilisation antiques, la Méditerranée, notamment son bassin occidental, a toujours imprégné notre histoire et notre culture et déterminé le devenir de notre pays.

La Méditerranée a été longtemps déchirée par des conflits pour la plupart aujourd’hui apaisés mais dont le dernier, le conflit israélo-arabe, constitue une grave menace contre la paix. Le RCD considère que la satisfaction de la légitime aspiration du peuple palestinien à la création de son propre Etat et la restitution des territoires arabes occupés en 1967 par Israël, constituent le fondement d’une paix viable au Moyen Orient.

IX.6-  L’Afrique et le monde arabo musulman

Longtemps en tête sur la scène africaine, l’Algérie a perdu beaucoup de son influence dans cette région. Les évolutions notables enregistrées dans certains pays d’Afrique, notamment en matière de démocratisation n’ont pas bénéficié de l’anticipation et de l’attention qu’elles méritaient. L’initiative du NEPAD est porteuse d’espoir pour les peuples africains si les régimes qui l’animent sont légitimes dans leurs propres pays et enregistrent quelques performances en matière de développement. L’Afrique du Sud et L’Afrique du Nord peuvent constituer un binôme susceptible de concevoir et mettre en œuvre une politique de développement africaine sur les moyens et longs termes.

Pour des raisons géographiques et économiques, le volume des échanges avec le monde arabo-musulman n’a pas suivi l’intensité des déclarations politiques des dirigeants. Appelées à se libérer de régimes autoritaires, les sociétés commencent à produire des élites qui se mobilisent en faveur de la démocratie et des droits de l’Homme. L’Algérie doit être attentive et solidaire des évolutions qui se passent dans une aire où se joue également une partie de son devenir, et nouer des contacts et des relations avec les forces démocratiques en lutte de l’ensemble de ces pays.

IX.7- Les pays émergents

La place qu’occupent et occuperont ces pays sur les plans économique et politique font d’eux des acteurs incontournables dans les relations internationales à venir. L’Asie est appelée à devenir le cœur battant du monde nouveau.

L’Algérie doit maintenir et approfondir ses relations avec les pays émergents d’Amérique latine, d’Asie et d’Océanie dont les expériences peuvent être riches d’enseignement pour la gestion des mutations qui l’attendent.